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Bribes de zen
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31 août 2012

Rompre le charme de Amanda Sthers

Quand j’avais six ans, mon oncle Benoît s’est suicidé. Il était beau. Il était vivant et enfantin parce qu’il était fou aussi. Ma mère a épousé un psychiatre et celui-ci lui a donné trois enfants, mais a échoué à sauver son frère. Juste après, ils ont divorcé et ma mère est morte aussi, morte à mes yeux : Viviane avait presque la même voix, le même visage, le même prénom, les mêmes gestes, mais cette dame qui s’occupait de nous n’était pas ma maman. Je suis mère à mon tour, j’ai des enfants, l’âge de ma mère à cette époque, et mon frère a l’âge de Benoît. Depuis plus d’un an, Benoît hante mes rêves et me dit qu’il a froid. À Madagascar, où ma mère a grandi, c’est le signe que le retournement des morts doit avoir lieu. Il faut sortir le cadavre de son tombeau et procéder à une série de rites afin de faire fuir ce qui n’est pas mort avec lui. Pour éviter que la malédiction s’abatte, que l’histoire se répète, pour rompre le charme. »

Une histoire de secrets enfouis, de mort et de vie qui se côtoient, de déchirures, de mise à sac d’un passé fait de meurtrissures et de douleurs.Ecrire pour se guérir... au risque de se mettre mal avec toute sa famille ou tout au moins sa mère ? écrire ..mais ne pas publier ?...
J'ai beaucoup aimé ce livre qui est fort et violent, qui questionne ... vous me direz....

 

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29 août 2012

Correction

J’ai huit ans, je m’applique, je me concentre, la main gauche bien à plat sur le buvard, la main droite agrippée au porte-plume chargé d’encre violette qui trace délicatement des mots qui me dépassent.
C’est l’heure de la dictée et je sais déjà que, comme toujours, j’aurai un zéro dans la marge, je suis nulle en orthographe et en plus les ratures sont interdites !
Plus j’hésite, plus je réfléchis, et plus les fautes s’accumulent, j’ai peur du « pochon », la tache qui fâche.  J’entends dans mon dos le pas pesant de la maitresse qui se rapproche, elle se penche par-dessus mon épaule, la règle en bois à la main pour correction immédiate…et voilà, mes doigts se crispent et l’inévitable tache s’étale goguenarde sur deux carreaux.
Dans la marge : 0 – travail sale- à recopier au propre et sans faute.

Consigne: un texte sur le thème de la correction....

 

10 août 2012

Supplément à la vie de Barbara Loden de Nathalie Léger

Supplément à la vie de Barbara Loden est un récit où s’imbriquent de multiples quêtes et enquêtes et où s’entremêlent plusieurs vies de femmes, l’enquête centrale étant menée par la narratrice de ce puzzle sensible via le destin de Barbara Loden, actrice et réalisatrice d’un chef d’œuvre du cinéma indépendant américain, Wanda, un long métrage (l’unique réalisé par Barbara Loden et pour lequel elle se met en scène) qui suit le destin d’un personnage borderline, fragile, sensible, perdu, qui terminera sa vie en prison après un braquage raté : Wanda. S’il y a en effet dans les deux créations artistiques une forme d’enquête (dans le récit on voit très bien comment la narratrice fait tout pour trouver des informations), ce qui les rassemble est plus profond encore. L’errance, le tremblé de l’existence et les quêtes identitaires, celles de Wanda, de Barbara Loden et de Nathalie Léger, sont au cœur de ces œuvres. Et à chaque fois, que ce soit par l’image ou par l’écriture, ce sont elles-mêmes (leur fragilité d’être au monde, leur mélancolie et leur opiniâtreté) que Nathalie Léger et Barbara Loden, consciemment ou pas, interrogent à travers la vie de celles qu’elles suivent, observent, accompagnent. Nathalie Léger ici poursuit donc le travail commencé par la réalisatrice américaine morte très tôt à l’âge de 48 ans. Mais une fois encore, on sent bien que cette entreprise fraternelle a ses limites, ses manques, ses creux – et c’est d’ailleurs ce qui nous touche. La question de la filiation est également au centre de ce récit ; une femme laissant sa place à une autre femme dans ces chassés-croisés, on ne s’étonnera donc pas de voir apparaître ici et là la figure maternelle et la mère de la narrat

Superbe! je me suis perdue dans les différents personnages, mais c'est là sans doute que nous mène ce livre, l'écriture est belle....

5 août 2012

la fille de son père de Anne Berest

Elles sont trois soeurs, trois grandes rousses que leur père aime réunir au restaurant, tellement fier de ces belles plantes qui ne manquent pas de caractère. Leur mère est morte depuis longtemps mais son image continue de flotter partout dans la maison, dans les pensées de chacune, dans la pièce qui fut sa chambre et que personne n'ouvre jamais. Rituellement, ils se retrouvent au cimetière, laissant croire que le temps ne passe pas, que le passé est bien à sa place. Un jour, le père a remplacé son épouse par une jeune femme, mais la nouvelle belle-mère accumule les maladresses et les erreurs d'appréciation. Il suffit d'une réunion de famille, d'un anniversaire ou d'un Noël pour que tout éclate : les mystères enfouis sortent du placard et les règlements de comptes ne tardent pas.

J'ai lu avec plaisir, mais un peu décue quand même !
je suis bien d'accord avec la critique de Clara que vous trouverez 
ici

2 août 2012

Ce qu'il advint du sauvage blanc de François Garde

Au milieu du XIXe siècle, Narcisse Pelletier, un jeune matelot français, est laissé pour mort sur une plage d'Australie. Son équipage est reparti sans se préoccuper de son sort. Dix-sept ans plus tard, un navire anglais le retrouve par hasard : il vit nu, tatoué, sait chasser et pêcher à la manière des aborigènes et a perdu l'usage de la langue française. Là commence la légende du 'sauvage blanc '. Que s'est-il passé pendant ces dix-sept années ? Comment devient-on 'sauvage '? C'est l'énigme que tente de résoudre Octave de Vallombrun qui recueille le sauvage blanc à Sydney et obtient du consul de France qu'il lui soit confié à fins d'étude et de rééducation. Une tâche qui va s'avérer semée d'embûches en ce XIXe siècle où l'anthropologie n'est pas encore inventée et où les préjugés raciaux et le positivisme dominent la pensée. Dans ce véritable roman d'aventures, enlevé et entraînant, les chapitres sur l'enquête de Vallombrun alternent avec le récit du déroutant séjour de Narcisse Pelletier parmi les sauvages, où il va peu à peu perdre son identité. Une relecture originale du mythe du 'bon sauvage '.. ( evene)

Excellent ! A lire, surtout sur ce temps de vacances...

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10 juillet 2012

Et il dit de Erri de Luca

Un homme est retrouvé, épuisé, au bord d’un campement. Alpiniste courageux devenu simple vagabond, sa disparition avait fait perdre espoir à tout un peuple dont il était le guide. On découvre son histoire, l’ascension difficile, lorsque soudain, face à la muraille, sa voix se met à résonner : «Je suis Adonai (Yod) ton Elohim.»
C’est ainsi que débute la déclinaison du Décalogue qu’Erri De Luca met en scène. Il revient aux sources de la langue et de la spiritualité pour raconter les Commandements dont il tire le plus beau en une poétique biblique singulière : «Ils apprirent au pied du Sinaï que l’écoute est une citerne dans laquelle se déverse une eau de ciel de paroles scandées à gouttes de syllabes.»
Sa relecture des Dix Paroles s’intensifie jusqu’à atteindre deux petits textes, comme deux suspensions au livre. Le premier, «Adieu au Sinaï», conte les bienfaits de la voix extatique du prophète et ses conséquences sur les corps. Puis, De Luca nous plonge «En marge du campement» où il confie en quelques lignes – parmi les plus émouvantes de son œuvre – l’équilibre entre intimité et distance qu’il entretient avec le peuple Juif et sa langue sacrée. Fnac.com

J'aime l'écriture de Erri de Luca , la poésie des mots, le sacré, c'est beau !

8 juillet 2012

Le corail de Darwin par Brigitte Allégre

 Par la malice d’une annonce postée sur un site Internet, deux femmes échangent leurs maisons pour quelques semaines, sans se douter que leurs vies respectives viennent de basculer pour prendre une tournure inattendue, dont le hasard et les éléments sont seuls maîtres…

J'ai aimé ce livre, et en particulier l'écriture qui est superbe et j'aime la belle écriture qui donne envie de relire une phrase juste pour la réentendre tant les mots sont bien choisis, les phrases roulent et se déroulent, un vrai plaisir. C'est Clara qui m'a donné envie de la lire, allez sur son site lire sa critique ! Merci Clara qui me donne souvent des envies de lecture!   Clara

27 juin 2012

Sur la route du papier de Erik Orsenna

 Un jour, je me suis dit que je ne l'avais jamais remercié. Pourtant je lui devais mes lectures. Et que serais-je, qui serais-je sans lire et surtout sans avoir lu ? Pourtant, c'est sur son dos que chaque matin, depuis près de soixante années, je tente de faire avancer pas à pas et gomme aidant mes histoires. Et que serait ma vie sans raconter ? Je n'avais que trop tardé. L'heure était venue de lui rendre hommage. D'autant qu'on le disait fragile et menacé. Alorsj'ai pris la route. Sa route. De la Chine à la forêt canadienne, en passant par la Finlande, la Suède, la Russie, l'Inde, le Japon, l'Indonésie, Samarcande, le Brésil, l'Italie, le Portugal et bien sûr la France,j'ai rendu visite aux souvenirs les plus anciens du papier. Mais je me suis aussi émerveillé devant les technologies les plus modernes, celles qui, par exemple, arrivent à greffer des virus capables de tuer les bactéries, celle qui, grâce à des impressions électroniques, permettent de renseigner sur le parcours d'un colis les chocs qu'il a reçus et si les conditions d'hygiène et de froid ont tout du long bien été respectées. Cher papier ! Chère pâte magique de fibres végétales ! Chère antiquité en même temps que pointe de la modernité ! La planète et le papier vivent ensemble depuis si longtemps : plus de deux mille ans. Le papier est de la planète sans doute le miroir le plus fidèle et par suite le moins complaisant. 'E. O .

Très interessant, j'ai beaucoup appris au travers d'une lecture facile , à lire !

15 juin 2012

L'océan dans la rizière de Richard Collasse

Sosuke, un lycéen de 17 ans, vit avec sa famille, les Sakai, dans une petite ville sur la côte nord-est du Japon. Port de pêche réputé, la bourgade, entourée de montagnes luxuriantes et peuplée de légendes, est engoncée au fond d'une paisible baie à l'abri des intempéries. Sous le même toit vivent quatre générations de Sakai.
Les hommes sont pêcheurs de génération en génération, les femmes s'occupent du foyer. Les valeurs traditionnelles sont encore respectées. Le soir, à la veillée, la grand-mère de Sosuke conte inlassablement cette nuit terrifiante où, toute jeune fille, un tsunami a bouleversé sa vie. Mais s'il fallait toujours vivre dans l'attente de la prochaine Vague...
Le 11 mars 2011, Sosuke est en cours quand un séisme de magnitude 9 frappe toute la région du Tohoku. Moins d'une demi-heure plus tard, la vague arrive. Réfugiés sur le toit du lycée, Sosuke et ses camarades verront déferler l'apocalypse qui emporte tout sur son passage, avant d'être secourus par les hélicoptères de l'armée japonaise et déposés dans le gymnase d'un autre lycée de la ville. Sosuke va alors partir à la recherche des membres de sa famille, en vain. Seul au monde, désormais ? Pas tout à fait : un lointain cousin vivant à Tokyo parvient à retrouver sa trace. Tout, dans le caractère et le mode de vie, semble opposer les deux adolescents.
Une relation plus forte que la tragédie dans laquelle la vague les a plongés parviendra-t-elle à les réunir?

Un livre à lire, roman et documentaire, superbe!

 

14 juin 2012

Pensée zen

Le calme dans la quiétude n'est pas le vrai calme,
quand vous pouvez être calme au milieu de l'activité,
c'est le véritable état de la nature.
Le bonheur dans le confort n'est pas le vrai bonheur,
quand vous pouvez être heureux au milieu des difficultés,
alors vous voyez le vrai potentiel de l'esprit.

Huanchu Daoren

8 juin 2012

Le jardin d'Hadji Baba d'Isabelle Delloye

Kaboul, 2001. À l'abri des murs d'enceinte de sa maison, Hadji Baba, figure de la culture persane, prodigue son savoir ancestral au jeune orphelin Djon Ali. Lorsque le vieil homme s'éteint, son fils d'élection quitte le pays dans l'espoir de poursuivre le chemin de la sagesse. Commence alors un long périple : de la France à l'Angleterre, de la Suisse aux États-Unis, Djon Ali franchit des montagnes et des mers. Et s'initie, au sein de la diaspora afghane, à la vie occidentale. Le déracinement est douloureux mais l'optimisme infaillible.  Entre mémoire, deuil et renaissance, 'Le Jardin d'Hadji Baba' est le récit d'une odyssée bouleversante, tout en retenue et poésie. Contes aux parfums de roses et de cardamome, légendes des montagnes du Panshir forment les motifs de ce kaléidoscope tout à la fois nostalgique et moderne.

J'ai  beaucoup aimé ce livre !

19 mai 2012

Quand un enfant se donne "la mort" de Boris Cyrulnik

"Jusqu'à présent, personne n'avait osé aborder, voire effleurer cette triste réalité du suicide des enfants, préférant souvent la nier en la dissimulant au travers de jeux dits dangereux. Le suicide touche aussi les plus petits, les enfants, les préadolescents. Je suis convaincue que la lecture de ce livre remarquable permettra de sauver des vies. Je suis convaincue que ce travail est vital afin d'agir pour prévenir la souffrance des enfants qui, par désespoir, faute d'être entendus par les adultes, agissent de manière risquée jusqu'à l'accident fatal prévisible. Le travail inédit réalisé par Boris Cyrulnik à travers une approche pluridisciplinaire mêlant neurobiologie, biochimie, psychologie, sociologie et autres disciplines nous éclaire. Ce livre nous donne de l'espoir. Nous pouvons tous, dès à présent, être des acteurs de la prévention du suicide des enfants. L'amour, l'affection, les liens familiaux, l'écoute d'adultes constituent des protections efficaces. Je crois que le message le plus important de ce livre remarquable de Boris Cyrulnik, c'est que l'histoire n'est jamais écrite" -

Jeannette Bougrab, Secrétaire d'État chargée de la Jeunesse et de la Vie associative.

J'ai beaucoup appris à la lecture de ce livre, j'ai trouvé des réponses à de nombreuses questions, bref un livre plus que très interessant!

16 mai 2012

Kolia de Perrine Leblanc

Kolia est né dans un camp de travail de Sibérie orientale en 1937. Très jeune, il fait la connaissance de Iossif, un détenu originaire d'Europe de l'Ouest qui lui transmet les rudiments pour survivre au bagne et lui enseigne le calcul, le russe et le français, avant de disparaître comme la plupart des êtres qui ont habité cette prison à ciel ouvert. Libéré à la mort de Staline, Kolia apprend à vivre dans la société soviétique. II devient clown blanc dans un cirque à Moscou, y trouve le réconfort d'une famille et connaît le succès jusqu'à l'implosion de l'URSS. Mais le souvenir de Iossif et du goulag le hantera toute sa vie. Kolia, c'est le roman d'un homme et de son double circassien, le clown prestidigitateur au visage blanc et aux traits redessinés pour la piste. Puis c'est le récit d'une amitié fondamentale et inachevée, fil rouge dans de cet homme que la violence du monde n'a pas cassé.

 

J'ai passé un excellent moment !

15 mai 2012

La fleur qui ne voulait pas pousser...

A vouloir trop bien faire parfois on en fait trop!

Un jour, deux amis ont eu l’idée de planter une fleur chacun, à partir d’un sachet de graines qu’on leur avait donné. Ces graines étaient censées devenir des fleurs magnifiques, odorantes et multicolores. Nos amis décident donc de planter chacun sa graine, puis de se retrouver 3 mois plus tard, pour comparer leurs deux belles fleurs. Le jour convenu, nos deux amis se retrouvent. Le premier dit :« Je ne comprends pas : j’ai planté cette graine en plein champ, puis je ne m’en suis plus occupé, je l’ai même carrément oubliée. Je ne l’ai même pas arrosée une seule fois, je ne suis jamais allé la voir, et pourtant, aujourd’hui, j’ai découvert une fleur magnifique, encore plus belle que ce à quoi je m’attendais ! » Le deuxième lui répond :« Je ne comprends pas, moi non plus ; et je suis vraiment frustré : contrairement à toi j’ai planté ma graine à portée de mon regard, j’ai multiplié soins et préventions, je l’ai entourée des plus grandes attentions et du plus grand amour, et aujourd’hui je n’ai absolument rien obtenu. Rien n’est sorti de terre. Comparé à ce qui t’est arrivé je trouve cela particulièrement injuste, surtout si l’on considère que j’ai poussé le souci du détail vraiment très loin : en effet, pas une journée je n’ai oublié d’aller déterrer ma graine pour l’astiquer soigneusement, surveiller les éventuels changements, puis la remettre très consciencieusement en terre, exactement au même endroit et dans la même configuration ! »

 BERNARD LAMAILLOUX

13 mai 2012

Duo d'ombres

Tu erres dans ma vie
Tu me questionnes
Tu t’insinues dans mes pensées
Tu rôdes avec tes idées noires
Tes souffrances de petite fille
Qui a choisi d’en finir avec la vie
Pour qui comptais-tu ?
Pour qui je compte, moi ?
Je déteste les nombres…
Tu n’as pas eu le temps, toi,
D’apprendre à compter
Quatre générations nous séparent
Tout nous rapproche
Je t’explique
Tu m’interpelles
Je te conte la vie de notre famille
Tu me racontes ton errance
Je te rends ton histoire
Je te libère du passé
Je veux vivre ma vie.

 Consigne: Duo d’ombres
Paris, tout le monde le sait, est plein des fantômes de ceux qui y ont vécu ou y sont passés. Comme le temps leur parait long, bien qu'il soit pour eux aboli, ils se rencontrent ça et là pour deviser, ou encore ils s'écrivent, sans que l'époque qu'ils ont investie de leur vivant soit un obstacle. Le vent parfois porte un de ces chuchotements ...

 

7 mai 2012

Chronique de la dérive douce de Dany Laferrière

Un jeune homme du sud arrive dans une ville du nord.On le voit dériver dans les rues d'un monde si neuf.Par petites touches singulières, il tente de savoir où il se trouve.Si L'Enigme du retour (Grasset, prix Médicis 2009) était le roman du retour à Port-au-Prince de Dany Laferrière, Chronique de la dérive doucerelate son arrivée à Montréal, à l'âge de 23 ans. (evene)

 

J'avais déjà lu et aimé l'énigme du retour, j'aime le style minimaliste, l'écriture courte et serrée, très visuelle et pleine de vie et d'émotions. le tableau se décline sous tous les angles.

6 mai 2012

Banquises de Valentine Goby

En 1982, Sarah a quitté la France pour Uummannaq au Groenland. La dernière fois que sa famille l'a vue, c'était au moment où, à Roissy, elle est montée dans l'avion qui l'emportait vers la calotte glaciaire. Après, plus rien. Elle a disparu corps et âme. Elle avait vingt-deux ans. Lisa, vingt-sept ans plus tard, part sur les traces de cette sœur disparue. Elle quitte mari et enfants pour parcourir le même trajet qu'elle. Elle arrive dans un Groenland dévasté, habité par une population abandonnée, qui voit se réduire peu à peu son territoire de glace. Cette quête va la mener loin dans son propre cheminement identitaire, depuis l'impossibilité du deuil jusqu'à la construction de soi.

J'ai aimé la sensibilité des personnages, la recherche intérieure, ce parcours à travers la douleur de la perte
c'est très beau, très profond bref un coup de coeur!

1 mai 2012

Une année studieuse d'Anne Wiazemski

Juin 1966 : Anne, la narratrice vient d’envoyer une lettre laudative à Jean-Luc Godard. Elle ne connaît pas le cinéaste de la Nouvelle vague, c’est à peine si elle l’a croisé sur le tournage de Au hasard Balthazar un an auparavant. Anne a 19 ans, elle a échoué au baccalauréat et s’apprête à passer la session de rattrapage de septembre. Un soir, Anne reçoit un coup de téléphone de Jean-Luc Godard, qui lui annonce qu’il désire très vite la rencontrer. C’est le point de départ de leur histoire d’amour. Bien que de vingt ans son aîné, le cinéaste souhaite l’épouser. De son côté, la jeune femme est profondément troublée, car cet homme lui révèle pour la première fois les délices de l’amour physique, mais elle ne supporte pas sa jalousie maladive, d’autant plus que sa mère et son grand-père sont très hostiles à leur relation. Pendant plusieurs mois, ceux-ci vont s’opposer à ce que Anne fréquente Godard, invoquant des arguments spécieux qui révèlent la nature conservatrice de leur opinion sur l’éducation des jeunes filles. Mais la narratrice ne veut pas céder, en dépit de la profonde affection qu’elle leurs porte, et se rebelle contre ce carcan misogyne. Après avoir réussi les épreuves de rattrapage du bac, elle s’inscrit en Philosophie à Nanterre. De nouveaux horizons s’ouvrent à elle : nouveaux camarades, nouveaux quartiers de Paris, nouvelles idées politiques… Un hurluberlu aux cheveux rouges, un certain Daniel Cohn-Bendit, la poursuit dans les couloirs de la fac en criant joyeusement « Solidarité des rouquins ! Solidarité des rouquins ! ».
Début 1967, Jean-Luc Godard commence à tourner le film La Chinoise, dont il a écrit le premier rôle pour Anne. Adieu philosophie, cette « année studieuse » aura été celle de l’école de la vie. Roman d’apprentissage, Une année studieuse est aussi le reflet passionnant d’une époque, la fin des années 1960, où la France est en train de connaître de grands bouleversements politiques, idéologiques moraux et artistiques. Toutes ces dimensions habitent le récit : d’abord la narratrice elle-même, qui en s’opposant à sa famille révèle un fossé générationnel ; ensuite l’histoire d’amour entre Godard et Anne, symptomatique d’un changement de moeurs ; le cinéma de Godard, iconoclaste et radical ; la description de la faculté de Nanterre et des frasques de « Dany le Rouge », prémices des événements de Mai 68… Un livre remarquable d’intelligence et de vivacité. ( l'expresse)

J'ai passé un excellent moment:merci Mimi !

21 avril 2012

L'île ....

L’île suppose d’autres îles
Je savoure la mienne
Baignant dans un flot de vanille
Entourée d’un brin de chocolat fondant
Dominée d’un croustillant de caramel
Mais deux îles flottantes d’affilée
Ce serait bien déraisonnable…
Quoique…….

 

consigne : 

Dans "l’Intention poétique", Édouard Glissant affirme : « L’île suppose, d’autres îles. » « Nous sommes faits par le monde que nous faisons et que nous frayons, modelés par les lointains qui nous portent et qui nous croisent. Car c'est la diversité qui nous protège et, s'il se trouve, nous perpétue. »Nous vous invitons à compléter cette affirmation « l’île suppose d’autres îles » en la faisant vôtre à travers un texte qui viendra naturellement y faire écho.

 

17 avril 2012

les solitudes de Anne Bragance

Une femme regarde un homme qui regarde la télévision. Il s'appelle Grégoire et passe ses journées, de l'autre côté de la rue, à s'empiffrer, assis dans un fauteuil face à ses écrans. Elle s'appelle Pénèle et, parce qu'elle est seule, parce qu'elle s'ennuie, elle observe son étrange voisin avec une curiosité qui bientôt devient intérêt obsédant. Dès lors qu'elle fait de Grégoire le centre de sa vie, Pénèle l'espionne du matin au soir et se donne pour mission d'assurer le salut de cet homme prisonnier de sa geôle d'images et enkysté dans ses rituels solitaires. Emportée par sa passion naïve, elle va concevoir un projet merveilleux afin d'atteindre son objectif. Mais chacun sait que le Mal s'amuse parfois à travailler dans le camp du Bien.

Je ne regrette pas d'avoir lu...je suis une fan de l'auteure...mais je suis perplexe....où peut mener l'excès, où peut emporter la solitude? à partir de quel moment cela devient improbable? bref c'est excellent et très perturbant en même temps !

14 avril 2012

Méditation des sons

Portez votre attention aux sons de la nature, nombreux et subtils: le bruissement des feuilles au vent, les gouttes de pluie qui tombent, le bourdonnement des insectes, le premier chant des oiseaux à l'aube. donnez vous complètement à l'écoute. par delà les sons, il se passe quelque chose de plus grand: ce sacré, la pensée ne peut le saisir.

Eckhart Tolle - l'art du calme intérieur.

Une belle expérience! comme dans la vie de tous les jours certains sons ou bruits nous touchent particulièrement et d'autres nous insupportent!

13 avril 2012

Léna de Virginie Deloffre

Léna est née dans le Grand Nord sibérien, elle aime plus que tout la brume, la neige, l'attente et l'immobilité qui n'ont ni couleurs ni frontières. Son mari Vassia, pilote dans l'armée de l'air, n'a qu'un rêve, poursuivre la grande épopée soviétique de l'espace dont Gagarine fut le héros et qui reste l'immense fierté du peuple russe. Comment acclimater leur nature profonde, leurs sentiments et leur vision du monde si différents en ces temps incertains de la perestroïka qui voit s'effondrer leur univers ? Un étonnant premier roman où tout est dit de l'âme russe, paysans dans leurs kolkhozes, exilés dans la taïga, citadins entassés dans leurs appartements communautaires, qui tous ont pour ligne d'horizon l'envol et la conquête spatiale comme un Eldorado collectif et puissant.        (Decitre)

Encore un livre que j'ai lu dans un souffle...une écriture que j'ai aimé, des personnages auxquels je me suis attachée, un très beau livre.

7 avril 2012

Black bazar de Alan Mabanckou

Originaire du Congo, résidant à Paris depuis une quinzaine d'années, amoureux des cols italiens à trois boutons et des chaussures Weston, le narrateur est une sorte de dandy africain qui voit son existence basculer du jour au lendemain lorsque sa compagne le quitte pour suivre un compatriote qui joue du tam-tam dans un groupe qui n'est pas connu en France, 'y compris à Monaco et en Corse'. Il partage désormais son temps entre sa machine à écrire et le Jip's, un bar du 1er arrondissement fréquenté par la plupart de ses amis, personnages truculents aux noms inoubliables. Tous pensent qu'il s'est mis à l'écriture pour noyer son chagrin et exprimer sa colère. En réalité, c'est le journal d'un homme révolté qu'il entreprend d'écrire, croquant la folie du monde qui l'entoure.

Livre audio que j'ai écouté avec énormément de plaisir, c'est truffé de références, d'anecdoctes, c'est drôle pour dire des choses très sérieuses, un excellent moment.

mais peut être que le fait d'être restée une année au "grand congo" m'a rendu ce livre encore plus sympa!

31 mars 2012

Les séparées de Kéthévane Davrichewy

Quand s'ouvre le roman, le 10 mai 1981, Alice et Cécile ont seize ans. Trente ans plus tard, celles qui depuis l'enfance ne se quittaient pas se sont perdues. Alice, installée dans un café, laisse vagabonder son esprit, tentant inlassablement, au fil des réflexions et des souvenirs, de comprendre la raison de cette rupture amicale, que réactivent d'autres chagrins. Plongée dans un semi-coma, Cécile, elle, écrit dans sa tête des lettres imaginaires à Alice. Tissant en une double trame les décennies écoulées, les voix des deux jeunes femme déroulent le fil de leur histoire. Depuis leur rencontre, elles ont tout partagé : leurs premiers émois amoureux, leurs familles, leur passion pour la littérature, la bande-son et les grands moments des 'années Mitterrand '. Elles ont même rêvé à un avenir professionnel commun. Si, de cette amitié fusionnelle, Kéthévane Davrichewy excelle à évoquer les élans et la joie, si les portraits de ceux qu'Alice et Cécile ont aimés illuminent son livre, elle écrit aussi très subtilement sur la complexité des sentiments. Croisant les points de vue de ses deux narratrices, et comme à leur insu, elle laisse affleurer au fil des pages les failles, les malentendus et les secrets dont va se nourrir l'inévitable désamour. Car c'est tout simplement de la perte et de la fin de l'enfance qu'il s'agit dans ce roman à deux voix qui sonne si juste.

Un coup de coeur ! une écriture comme je les aime, de la nostalgie, des personnages sensibles, à lire absolument!

28 mars 2012

A la manière de ....

Pour faire le modèle d’un jacquard

 Peindre d’abord une multitude de mailles
Avec un esprit ouvert
Peindre ensuite
Quelque chose de joli
Quelque chose de simple
Quelque chose de beau
Quelque chose d’utile
Pour entrelacer les laines
Placer ensuite les pelotes contre
Les aiguilles
Dans un raglan
Dans un pompon
Ou dans un dégradé de tons
Se cacher derrière l’incertitude
Sans rien dire
Sans bouger
Parfois, l’idée créatrice arrive vite
Mais elle peut aussi mettre de longues errances
D’aiguillées perdues, égarées
Avant de se décider
Ne pas se décourager
Attendre
Attendre s’il le faut pendant des rangées et des rangées
La maille trop lâche ou la maille trop  serrée de devant
De derrière
N’ayant aucun intérêt à se chevaucher
Avec la peur de l’inévitable maille perdue
Quand arrive le jacquard attendu
S’il arrive
Observer la plus profonde attention
Attendre que la complexité du dessin entre dans la mémoire saturée
Fermer doucement la porte des désillusions
Avec l’envie de réussir puis
Effacer un à un tous les ratages
En ayant soin de ne toucher aucun des
Motifs de la réalisation naissante .

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