dans le café de la jeunesse perdue de Patrick Modiano
"Encore aujourd'hui, il m'arrive d'entendre, le soir, une voix qui m'appelle par mon prénom, dans la rue. Une voix rauque. Elle traîne un peu sur les syllabes et je la reconnais tout de suite : la voix de Louki. Je me retourne, mais il n'y a personne. Pas seulement le soir, mais au creux de ces après-midi d'été où vous ne savez plus très bien en quelle année vous êtes. Tout va recommencer comme avant. Les mêmes jours, les mêmes nuits, les mêmes lieux, les mêmes rencontres. L'Éternel Retour."
L'idée que l'histoire de chacun est indéchiffrable, que les personnages n'en comprendront jamais la signification ou le sens. L'idée que les êtres fuient mais que, dans cette fuite, des traces sont laissées et ne s'effaceront pas. L'idée que le travail de l'écrivain passe par le pistage de ces traces et leur mise en forme, leur emballement pour la lecture, l'idée aussi que Paris (si possible à deux pas de la Seconde Guerre mondiale) est un champ topographique parfait pour que la chasse ait lieu et qu'elle ne se termine jamais.( fluctuat.net)
J'aime les ambiances feutrées parfois mystérieuses des livres de Modiano, une atmosphère, des émotions,
des personnages que l'on n'oublie pas