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Bribes de zen

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23 novembre 2013

Prière amérindienne

Hier j'ai trainé ma peine
dans les rues de Privas
sur tes pas,Béate

et ce matin j'ai relu ce texte d'une prière amérindienne:


Si je suis la première à décéder,
Que le deuil n’obscurcisse pas longtemps ton ciel,
Que ton chagrin soit courageux mais discret.
Il y a un changement mais pas un départ,
La mort fait partie de la vie,
Et les défunts ne cessent de vivre dans les vivants.
Toutes les richesses cueillies au cours de notre voyage,
Les moments de partage, les mystères explorés ensemble,
Les strates d’intimité sans cesse accumulées,
Ce qui nous fait rire ou pleurer, ou chanter,
La joie de la neige sous le soleil et l’éclosion du printemps,
Le Savoir …
Chacun donnant et chacun recevant.
Autant de fleurs qui ne flétrissent pas,
Pas plus que les arbres ne tombent et ne s’écroulent,
Que même les pierres …
Car même les pierres ne peuvent résister au vent et à la pluie.
Et avec le temps, même les cimes de la montagne majestueuse
Sont réduites à du sable.
Ce que nous étions, nous les sommes encore.
Ce que nous avions, nous l’avons encore.
Tout notre passé conjoint demeure impérissablement présent.
Alors quand tu marcheras dans les bois
Comme nous l’avons déjà fait ensemble.
Tu chercheras en vain la tache de mon ombre à tes côtés
Et tu t’arrêteras au sommet de la colline
Comme nous l’avons toujours fait, pour contempler la plaine.
Et tu remarqueras quelque chose, tout en cherchant
Comme d’habitude, ma main qui n’est plus là.
Et si tu te sens envahi(e) par le chagrin,
Ne bouge pas, ferme les yeux, écoute mes pas dans ton coeur.
Je ne t’ai pas quitté, je marche tout simplement dans ton coeur !

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20 novembre 2013

A mon amie Béate

Béate, ma Béate, mon amie
Comme je ressens déjà le manque
De tes rires, de ton énergie,
De ton enthousiasme si communicatif,
De notre cheminement ensemble
De nos échanges, de nos pensées.

Tu es partie dans un tourbillon,
Happée par le néant en un instant
Et moi je vais en mettre du temps
Pour réaliser que je ne te reverrai jamais
Mais l’absence ne sera pas totale
Parce que tu es partout dans ma pensée

Parce que le quartz rose a trouvé
Sa place sur mon bureau
La calcite des fées sur ma table de chevet
L’améthyste dans le séjour,
La tourmaline à mon poignet
La calcite bleue accompagne mes méditations
Tu vois, tu es partout !

Merci Béate pour  cette belle rencontre qui a été la nôtre
Merci de d’être trouvée,un jour, sur mon chemin de vie
Je sais que tu n’es pas loin, juste de l'autre côté de la porte….

16 novembre 2013

Tout s'est bien passé d'Emmanuelle Berheim

'Papa m'a demandé de l'aider à en finir. 'Je me répète cette phrase, elle sonne bizarrement. Qu'est-ce qui ne colle pas ? 'Papa 'et 'en finir '? Fin 2008, à l'âge de 88 ans, le père d'Emmanuèle Bernheim est hospitalisé après un accident vasculaire cérébral. Quand il se réveille, diminué et dépendant, cet homme curieux de tout, aimant passionnément la vie, demande à sa fille de l'aider à mourir.
Comment accepter ? Et puis, 'aider à mourir ', qu'est-ce que ça veut dire ? Avec Tout s'est bien passé, Emmanuèle Bernheim livre le récit haletant et bouleversant de cette impensable aventure, de cette course d'obstacles dramatique et parfois cocasse. Dix ans après son dernier roman, Emmanuèle Bernheim revient avec ce récit écrit pour la première fois à la première personne du singulier.

C'est un livre très fort et qui m'a beaucoup parlé de par ses questionnements qui sont de vraies questions !
A lire si le sujet vous intéresse !

13 novembre 2013

Un jour par la forêt de Marie Sizun

Qu'est-ce qui pousse Sabine, petite élève de 5e, solitaire et rêveuse, à ne pas se rendre en classe, ce matin de printemps ? Pourquoi décide-t-elle ce jour-là de faire l'école buissonnière, et d'aller à la découverte d'un Paris qu'elle ne connaît pas très bien et qui l'a toujours fascinée ? Ce n'est pas seulement pour échapper au rendez-vous que la prof de français, excédée par son désintérêt, a fixé à sa mère.
La fuite de Sabine parle de honte et d'incompréhension. Honte de sa mère, qu'elle sent ne pas correspondre à l'image qu'on se fait d'une mère attentive, soucieuse de la scolarité de son enfant ; mais aussi honte de son milieu social où la culture reste un mot opaque, presque hostile. La petite prend soudain conscience que ce monde du lycée lui est fermé, comme il l'a été aux siens. Mais, au cours de sa journée vagabonde, bien des choses vont changer pour elle.
Le hasard d'une rencontre lui fera découvrir le trésor qu'elle porte en elle et qui ne demande qu'à être révélé. Sous les auspices de Victor Hugo, et plus largement de la poésie, Marie Sizun nous donne à voir la métamorphose d'une petite fille que tout condamnait à l'échec scolaire mais qu'un regard différent révèle à elle-même.

J'ai beaucoup aimé ce livre qui ressemble un peu à une fable poétique mais tellement dans notre monde actuel !
un excellent moment de lecture.

12 novembre 2013

la vie courte à en mourir

Parce que la vie est courte à mourir
Je sème des fleurs à tout bout de champ
Depuis longtemps j’ai arrêté de courir
Je goûte la saveur du temps

Parce que la vie est courte à mourir
Je balance à tout vent
Des sourires, des fous-rire
Le temps n’est plus un guet- apens

Parce que la vie est courte à mourir
Je navigue à contresens
Je me laisse étourdir
J’ai confiance… en la vie

 

consigne impromtus: si nous en croyons les paroles de la chanson "chacun de son côté" du groupe L'affaire Louis Trio", "la vie est courte à mourir".

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7 novembre 2013

Deux étrangers de Emilie Frèche

Élise n'a pas vu son père depuis sept ans. Il vit au Maroc, il connaît à peine son mari et pas du tout ses enfants, quant à elle, elle ne sait rien de sa vie. À force de ruptures, d'amour blessé et de petites humiliations qui auront jalonné leur histoire, le père et la fille ont fini par ne plus parler la même langue : ils sont devenus deux étrangers. Et pourtant, lorsqu'Élise reçoit l'improbable coup de fil de son père la sommant de venir le voir, elle obéit aux ordres de ce tyran domestique comme à un vieux réflexe, alors même que son propre foyer est en train de se déliter : elle prend son antique Renault 5, seul héritage de sa mère tant aimée, et met le cap sur Marrakech. Portrait d'une famille prise dans les glaces de souffrances jamais apprivoisées, trop longtemps tues, 'Deux étrangers' est le roman d'une séparation et de retrouvailles impossibles et néanmoins essentielles. Un voyage dans le temps au rythme indomptable des souvenirs et des émotions, éclairé par un humour ravageur, une lucidité sans appel et un inextinguible désir de justice.

Prix du libre orange 2013 (si les prix veulent dire quelque chose!), surtout Actes sud ( j'adore!)
Un récit qui ne laisse pas indifférent, une histoire familiale tout en souffrance et comment elle se répéte...
bref j'ai adoré ! un livre fort.

5 novembre 2013

Mâm de Kim thuy

Mãn est le nom d'une jeune femme protégée par l'amour d'une mère  inquiète: elle sait qu'elle ne sera pas toujours auprès de sa fille. Lui trouver  un vieux mari est, pense-t-elle, la solution idéale. Et Mãn se retrouve épouse  d'un restaurateur vietnamien exilé au Québec.  

En cuisine, devant la chaleur des fourneaux, elle n'a guère le temps de rêver  mais ses gestes lui chuchotent le passé. Un ingrédient puis un autre, une  crevette caramélisée, une soupe parfumée, un gâteau à la banane... l'ordinaire  devient exceptionnel et la clientèle afflue chez Mãn et son  époux.  

Un superbe livre ( à l'image de Ru, le précedent de Kim Thuy), très bien écrit, très dense, plein de saveurs culinaire.... un excellent moment ...parce que j'aime le vietnam !

 

4 novembre 2013

Silence

Je me tais. Je ne te dis pas.
Mentir par omission
Pour te protéger, ce n’est pas mentir
Tu es devenue bien trop fragile au fil des années
Tu t’effondrerais impuissante
Dans l’abîme de tes pensées grises
Je ne veux pour toi que des rayons de soleil
Qui t’enveloppent  de douceur

les impromptus: parler du silence sans jamais le nommer

3 novembre 2013

Le quatrième mur de Sorj Chalandon

L'idée de Sam était folle. Georges l'a suivie. Réfugié grec, metteur en scène, juif en secret, Sam rêvait de monter l'Antigone d'Anouilh sur un champ de bataille au Liban. 1976. Dans ce pays, des hommes en massacraient d'autres. Georges a décidé que le pays du cèdre serait son théâtre. Il a fait le voyage. Contacté les milices, les combattants, tous ceux qui s'affrontaient. Son idée ? Jouer Anouilh sur la ligne de front.
Créon serait chrétien. Antigone serait palestinienne. Hémon serait Druze. Les Chiites seraient là aussi, et les Chaldéens, et les Arméniens. Il ne demandait à tous qu'une heure de répit, une seule. Ce ne serait pas la paix, juste un instant de grâce. Un accroc dans la guerre. Un éclat de poésie et de fusils baissés. Tous ont accepté. C'était impensable.Et puis Sam est tombé malade. Sur son lit d'agonie, il a fait jurer à Georges de prendre sa suite, d'aller à Beyrouth, de rassembler les acteurs un à un, de les arracher au front et de jouer cette unique représentation.
Georges a juré à Sam, son ami, son frère. Il avait fait du théâtre de rue, il allait faire du théâtre de ruines. C'était bouleversant, exaltant, immense, mortel, la guerre. La guerre lui a sauté à la gorge. L'idée de Sam était folle. Et Georges l'a suivie.

L'idée était folle et belle....l'écriture est belle et forte...mais c'est la guerre et d'une violence terrible,
peut être que je n'avais envie de lire cette violence cruelle,
je vous laisse décider de... si vous en avez envie!

2 novembre 2013

La fabrique du monde de Sophie Van der Linden

 Une petite chinoise de dix-sept ans, une paysanne, partie à l'usine parce que son grand frère entrait à l'université. Quantité des plus négligeables, petite abeille laborieuse prise au piège de sa ruche. Enfermée là pour une éternité. Aujourd' hui en Chine. Mei, jeune ouvrière de dix-sept ans vit, dort et travaille dans son usine. Elle rêve aussi. Confrontant un souffle romantique à l'âpre réalité, La Fabrique du monde est une plongée intime dans un esprit qui s'éveille à l'amour, à la vie et s'autorise, non sans dommage, une perception de son individualité.

Un petit livre qui se lit très vite, plein de fraîcheur et de lourdeur...parce que vivre dans ces conditions, cela interroge ! un beau moment de lecture

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