Au nom de la mère
Au nom de la mère, court récit sur la nuit de Noël, Il était long, le chemin de Nazareth à Bethléem. Erri De Luca le raconte en quelques stances. La visite de l'ange, le goût des mots qui vient à Marie, son calme («Me voici prête, argile avec une âme de fer, les pierres qu'on voulait me lancer se sont brisées»), l'enfant et sa mère enveloppés dans «une chaleur de bêtes», leur face-à-face de quelques heures, les paroles de Marie à son fils, auxquelles un vers de Joseph Brodsky fera écho, deux mille années plus tard: «Habitue-toi, fils, au désert». C'est le paradoxe d'Erri De Luca: chaque page de cet incroyant est une prière.
J'aime l'écriture de Erri De Luca, la douceur des mots, la poésie des instants, une fois de plus j'ai été séduite par ses mots.
pensées
"N’oublions pas que les enfants suivent les exemples mieux qu’ils
n’écoutent les conseils."
Roy L. Smith
"La violence est le dernier refuge de l'incompétence."
Isaac Asimov
"Le bruit ne fait pas de bien, et le bien ne fait pas de bruit."Saint François de Sales
angoisses
consigne: incipit: j'ai presque une heure d'avance.
J’ai presque une heure d’avance,
Agoraphobe je suis
Conseils de mon psy :
Arrivez avant les autres
Choisissez votre place
Faites le vide dans votre tête
Les autres n’existent pas
Ils sont transparents
Voila j’y suis tout va bien
Je respire tranquillement
Juste un peu raide….
Des fourmis dans les pieds
Je manque d’air
Faites le vide dans votre tête
Vos pieds n’existent pas
Voila j’y suis tout va bien…
J’ai la tête qui bourdonne
Les oreilles sifflent
Les mains moites
J’aurais jamais du l’écouter
Cet abruti !
musique d'une vie
Au pupitre, le chef d’orchestre
Rejoue le concert de sa vie
Farandoles de notes,
Rondes virevoltantes,
Insouciance enfantine.
Sa baguette pointe
Les gammes écorchées
D’un clavier désaccordé
Noires écrasantes de doutes.
Il attaque Vivaldi
Le printemps explose
Croche, double croche
Crescendo en accords majeurs
Pause, silences….
Blanches, soupirs….
Les notes s’égrainent
Au fils d’un dernier concerto.
PS: musique d'une vie est un excellent livre d'Andreï makine!
portrait de papé
Ce que je sais de lui c’est qu’il portait une petite moustache courte, toujours bien taillée, des lunettes rondes, qu’il ne sortait jamais sans son chapeau.
Ce que je sais de lui c’est qu’il travaillait à la mercerie avec une blouse grise, qu’un sou était un sou, que c’était Monsieur Jean qui l’aidait au magasin et qu’après c’est son fils qui lui a succédé.
Ce que je sais de lui c’est qu’il était trésorier, conseiller presbytéral, qu’au temple il s’asseyait toujours au premier rang à droiteet que sa famille s’installait à gauche.
Ce que je sais de lui c’est que le jour de son anniversaire, il donnait de l’argent à chacun de ses enfants, que sa femme lui offrait un bouquet d’œillets et qu'il montait au cimetière du crêt de roc poser ces fleurs sur la tombe de sa mère et qu’ainsi il la remerciait.
Ce que je sais de lui c’est qu’il a reçu une balle dans la jambe pendant la guerre, qu’il a été soigné par la comtesse d’Eu et qu’il est reparti combattre.
Ce que je sais de lui c’est que pendant le repas il écoutait les informations à la radio et qu’il exigeait le silence.
Ce que je sais de lui c’est qu’il avait acheté une chenard pour aller en Haute Loire.
Ce que je sais de lui c’est qu’il était ardéchois.
Ce que je sais de lui c’est qu’il n’était pas bavard.
Ce que je sais de lui c’est qu’il avait emmené sa femme à Paris pour la naissance de leur petite fille Danièle.
Ce que je sais de lui c’est qu’il me donnait la main sur la photo jaunie.
portrait de mamé
J’ai dans mon album photo quelques clichés de ma grand-mère Alphonsine, nous avons soufflé ensemble les bougies de mes quatre premiers anniversaires, toi, c’étaient tes derniers, nous étions, à quelques heures près, nées le même jour.
Petite dame toute menue aux longues robes noires, tu ne t’habillais qu’en noir, dans le décolleté de ton corsage, de fines dentelles cachaient des cicatrices, ton élégance tenait à peu de choses, peut être à tout ce noir auréolé de ta chevelure blanche, le dimanche tu portais un chapeau à voilette pour aller au concert. Ton regard paraissait lointain, tous ces petits enfants t’ennuyaient, tu aurais voulu lire, écrire à ton amie Julie partie à Paris, jamais tu n’as pu exercer ton métier d’institutrice, les enfants sont venus trop vite, la guerre, encore des enfants, pas de répit, la maison était ton seul univers.
Quelques escapades à la campagne, toujours de noir vêtue, entourée par la famille, prisonnière des tiens : pourquoi n’ai-je jamais rencontré ton sourire ? j’ai retrouvé tes carnets remplis de citations, d’extraits de livres, d’articles de journaux…. je les ai ajouté aux miens.
C'est fou ce qu'un poisson....
Consigne: le poisson était sur le dos
Dimanche, Marine me confie son poisson rouge, pourquoi pas !
Le poisson tourne en rond, tourne en rond, tournnnnnnnne en rondddddd, tourbillon incessant, les yeux dans les yeux, aspirée par la spirale de ses circonvolutions le vide m’encercle, me tenaille, je me tape la tête aux parois de verre, enfermée au tréfonds de mes entrailles, pas d’échappatoire, rouge, rouge sang flotte dans l’eau du bocal, bruit de verre cassé, j’ouvre les yeux, le poisson était sur le dos.
Dimanche suivant, Marine …. ton poisson a passé d’excellentes vacances, je crois bien qu’il a rajeuni, il est un peu plus mince, plus rouge, plus vigoureux et son bocal est comme neuf….
Ne me confiez plus jamais de poissons rouges !
Les murs bleus
de Cathy Ytak
Un beau roman historique sur la guerre d’Algérie et sur la guerre conjugale. Viols, violence conjugale, insoumission, désertion sont au programme dans une intrigue finement construite où se répondent des événements qui s’étendent sur sept ans et trois continents. Antoine, après une désertion de l'armée française en Algérie et un exil de 7 ans au Brésil, retrouve enfin son Paris d'origine. En abordant cette plaie jamais refermée de la guerre d'Algérie, Cathy Ytak n'a pas choisi la facilité. Sujet à la fois glissant et très souvent traité, il est difficile d'en faire un roman sans tomber dans les clichés ou sombrer dans le mélodrame. Pourtant, l'auteur s'en tire ici avec facilité. Par son écriture lucide mais pudique, elle parvient à rendre palpable l'incompréhension sourde à laquelle se heurte ce déserteur malgré l'ancienneté des faits.
Emouvante rencontre d'un homme et d'un petit garçon aveugle.
Cathy Ytak
Cathy Ytak est née le 16 juin 1962, en Seine-Saint-Denis, près de Paris.
Après des études de graphisme et de reliure artisanale, elle fait de nombreux petits boulots : des ménages et des surveillances de cantine, du dessin archéologique et de la reliure, des vacations dans un centre de tri P.T.T et des gardes d'enfants.
Puis elle travaille pendant sept ans dans un magasin de photo.
Animatrice bénévole dans des radios libres (Radio Libertaire et Radio País), elle se dirige ensuite vers le journalisme professionnel et l'écriture .Elle travaille pendant deux ans comme attachée de presse pour les Editions Encrage, à Amiens, puis devient lectrice pour les éditions Denoël de 1996 à 1998.
Et elle écrit des romans, aussi bien pour les enfants que pour les ados et les adultes.
Elle partage son temps entre la région parisienne et un petit village du Haut-Doubs.




