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Tante Babette prit une profonde inspiration, confortablement installée dans son voltaire, elle ouvrit avec une infinie délicatesse le petit paquet enrubanné de jaune. Elle posa son regard de velours sur l’unique madeleine, à peine trop dodue, dorée à point. Une tasse en porcelaine de chine dans la main, elle se laissa envelopper par l’odeur enivrante, elle croqua un petit bout de la madeleine qui l’entraîna, les yeux au fond des yeux, dans une valse langoureuse avec son Jeannot, elle grignota le ventre dodu à petits coups de dents incisifs, gamine, elle adorait croquiner ses gâteaux en jetant des regards de canaille à sa mère et soudain elle enfourna goulûment le dernier gros morceau, la bouche pleine , elle rêva qu’elle engloutissait tous les gâteaux de la pâtisserie du coin de la rue Marengo….à la vie, à la mort...

Mais la tante Babette, elle aimait trop la vie…..elle se redressa dans son fauteuil, levant à peine le petit doigt, elle bu une longue gorgée de thé au jasmin.


consigne: " tante Babette pris une profonde inspiration...."