La porte bleue d'André Brink
Un jour comme les autres, dans votre vie banale et bien rangée, survient tout à coup l’inexplicable. La frontière entre réalité et rêve devient floue et poreuse, et vous voilà brusquement en porte-à-faux avec le monde qui vous était, il y a encore quelques minutes, parfaitement familier. David, marié, quarantenaire tranquille, se trouve face à une femme et deux enfants qui, visiblement, sont les siens, alors qu’il ne les a jamais vus. Quant à sa vraie femme et son appartement, impossible de les retrouver.
De ce point de départ absurde, très kafkaïen, André Brink tire un récit court, sur un rythme qui nous pousse à l’essoufflement. Avec une grande subtilité, son écriture explore l’impossible, suit les sentiments contradictoires d’un personnage qui perd tous ses repères, ne sachant s’il frôle la folie ou s’il touche enfin à la vérité. L’atmosphère cauchemardesque, oppressante, claustrophobique même, de ce monde soudain devenu illogique cohabite avec un aspect fantasmagorique, fascinant et excitant, qui donne toute son épaisseur à ce petit roman. L’intrigue touche de plein fouet un lecteur que Brink arrive à placer au centre de ce monde irréel. Métaphore de l’amour, du désir, mais aussi reflet des regrets, des souvenirs et des choix inhérents à la vie, ‘La Porte bleue’, sous ses airs de récit fantastique, joue avec l’identité et l’inconscient avec une délicatesse et une perspicacité obsédantes. Et un art de l’écriture qui vous fera frémir la prochaine fois que vous tomberez sur une porte bleue. EVENE
Je me suis laissée entraîner dans ce récit incohérent, sans aucune logique...un brin de folie comme je les aime!

