10 octobre 2015

Le métier de vivant de François de Saintonge

Durant leur scolarité à Stanislas, deux cousins de la grande bourgeoisie, Max et Léo, et un fils de famille aristocratique, Lothaire, forment un trio soudé que la guerre de 1914 va séparer avant que la paix ne les réunisse. Pied-bot désinvolte et érotomane pratiquant, Lothaire échappe à la conscription. Léo, pilote breveté, et homme de devoir, accomplit le sien. Max demeure embusqué à la Maison de la Presse où il officie aux côtés de Cocteau et de Giraudoux avant de partir combattre en 1917 sur le front d’Orient. Démobilisé, Max accompagne avec son habituelle nonchalance la révolution surréaliste et se fait marchand d’'art. Une histoire d’'amour passionnelle et énigmatique l’'attache par intermittence, durant plus de vingt ans, jusqu’'au dénouement à Londres durant le Blitz, à Dionée Bennet. Cette jeune aventurière, devenue grand reporter, couvre tous les conflits des années vingt et trente. Elle est le parfait sosie de Max en femme : sont-ils frère et soeur, incestueux à leur insu ? Et pourquoi semble-t-elle ne pas s’'étonner de leur confondante ressemblance ?

Un livre tranquille dans son rythme que j'ai beaucoup aimé, pas la profondeur de certains livres de cette rentrée mais un réel plaisir de lecture.

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22 septembre 2015

Profession du père de Sorj Chalandon

"Mon père a été chanteur, footballeur, professeur de judo, parachutiste, espion, pasteur d’'une Eglise pentecôtiste américaine et conseiller personnel du général de Gaulle jusqu'’en 1958. Un jour, il m'’a dit que le Général l’'avait trahi. Son meilleur ami était devenu son pire ennemi. Alors mon père m'’a annoncé qu'’il allait tuer de Gaulle. Et il m’'a demandé de l’a'ider.
Je n’'avais pas le choix.
C’'était un ordre.
J’'étais fier.
Mais j’'avais peur aussi…
À 13 ans, c'’est drôlement lourd un pistolet." (Babelio)

Profession du père" reprend tous les thèmes que le reporter et écrivain creuse roman après roman : l'enfance, la figure du père, la guerre, l'héroïsme et ses légendes. Ce roman très personnel est très différent des autres, mais il éclaire en même temps toute l'œuvre de Sorj Chalandon, et aussi sa vie. Il n'a pu commencer à l'écrire 'la mort de son père. Un livre puissant mais quelle violence psychique!

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31 août 2015

L'oeil du prince de Féderique Deghelt

Années 1980: Mélodie, une jeune Cannoise, commence son journal intime. 1964 : Yann, un Français habitant New York, semble avoir laissé sa vie derrière lui. Vingt ans plus tard à San Francisco, Benoît voit son couple se déliter alors même que sa carrière de pianiste connaît une envolée. Pendant la Seconde Guerre mondiale, deux résistants, Alceste et Agnès se découvrent amoureux grâce à leur correspondance.
Celle-ci sera ouverte, un demi-siècle plus tard, par une vieille dame aux pensées habitées par les hommes qu'elle a aimés. Cinq voix s'élèvent à travers le temps et l'espace pour tenter de saisir leur chance, de comprendre leur vie, de mettre des mots sur le sentiment amoureux. Destin, hasard ou fatalité, un seul être peut savoir ce qui les lie : le lecteur.

J'ai adoré ! un superbe récit comme peut les écrire Frédérique Deghelt, à plusieurs voix qui s'entremêlent et toujours des surprises...

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20 août 2015

La maison-guerre de Marie Sizun

Lorsque Vera confie sa petite fille de quatre ans à ce qui va devenir, dans son imaginaire d’enfant, la « maison-guerre », un lieu silencieux occupé par de vieilles personnes, elle ne songe qu’à la protéger de la cruauté des temps. Mais le lieu, si présent, si fort, dans une époque si tourmentée, deviendra dans l’esprit de la fillette une ressource de mystères et d’émotions, une blessure et un refuge, un apprentissage de la vie qui n’aura pas d’équivalent. Dans ce huitième livre, Marie Sizun écrit avec une tendresse poignante une enfance dans la guerre, marquée par le secret et le non-dit, par la violence des choses qui ne devraient pas être, de celles qui sont tues et soudain révélées, et qui résonnent aujourd’hui encore dans le coeur de la narratrice. Elle dit la troublante vérité des enfants solitaires, et renoue ainsi avec le monde du Père de la Petite et de La Femme de l’Allemand.(Arlea)

Un petit bijou comme je les aime. Un grand coup de coeur....

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18 août 2015

Le coeur de pélican de Cécile Coulon

Anthime, un adolescent inséparable de sa sœur Hélèna, vient d’'emménager dans une banlieue de province avec toute sa famille. Il craint de ne pas s'’intégrer dans cette nouvelle communauté où personne ne l'’attend.
Pourtant, il va vite trouver le moyen de se distinguer et de se faire connaître. Lors d’'une kermesse, il s'’illustre par sa rapidité au jeu de quilles. Il n’'en faut pas plus à Brice, un entraîneur obèse et bonhomme, pour l’'enrôler dans la course à pied. Anthime, surnommé le Pélican, excelle dans cette discipline et devient un exemple et un symbole pour toute la région. Sa voisine Joanna l’'adule mais le coureur n’'a d’'yeux que pour Béatrice, une camarade de classe, belle et charnelle, et qui ne reste pas, elle non plus, insensible à son charme…. La veille d’'une course déterminante, ils échangent un baiser qui scellera leur relation devenue désormais impossible à cause de la chute d’Anthime, qui s'’effondre aux portes de la gloire….

Porté par une extrême émotion, Le Cœur du Pélican nous parle de la gloire et de sa fragilité, du sport et de sa souffrance. Il raconte le courage et la destinée à la fois banale et extraordinaire d'’un homme qui réussit, connaît le succès, tombe et se relève. Cécile Coulon parvient formidablement à incarner ses personnages aux prises avec leurs désirs et aveuglés par les non-dits. (Babelio)

Un livre qui traite très bien du sport de haute compétition mais aussi de tous les non dits de l'enfance, des souffrances et des silences... A lire !

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07 août 2015

Toute la lumière que nous ne pouvons voir d'Anthony Doerr

2 personnages: Marie-Laure, une jeune aveugle, réfugiée avec son père à Saint-Malo, et Werner, un orphelin, véritable génie des transmissions électromagnétiques, dont les talents sont exploités par la Wehrmacht pour briser la Résistance.
En entrecroisant avec une maîtrise éblouissante le destin de ces deux personnages, ennemis malgré eux, dans le décor crépusculaire d’une ville pilonnée par les bombes, Anthony Doerr dessine une fresque d’une beauté envoûtante. Bien plus qu’'un roman sur la guerre, Toute la lumière que nous ne pouvons voir est une réflexion profonde sur le destin et la condition humaine. La preuve que même les heures les plus sombres ne pourront parvenir à détruire la beauté du monde. (babelio).

un superbe livre, bien que se passant la guerre, un excellent livre de vacances ....

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18 juillet 2015

Je vous écrit dans le noir de Jean-Luc Seigle

Quand Pauline Dubuisson, étudiante en médecine, tue son ex-fiancé Félix Bailly, elle n'imagine pas qu'elle va provoquer par ricochet du destin une autre mort, celle de son père qui se suicide après avoir appris son arrestation. A 21 ans elle est jetée en prison et passe devant les Assises de Paris. Pauline est la seule femme contre laquelle le Ministère public requiert la peine de mort.

Un superbe livre, un autre vision " du crime" qui donne à réfléchir avant de condamner, à voir l'autre face du pourquoi, j'ai adoré! c'est plein de sensibilité et d'émotion. comment revivre après une telle condamnation ?

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30 mai 2015

Le principe de Jérôme Ferrari

Fasciné par la figure du physicien allemand Werner Heisenberg (1901-1976) qui, après avoir élaboré le célèbre "principe d'incertitude", jeta les bases de la mécanique quantique, un jeune aspirant-philosophe désenchanté s'efforce, à l'aube du XXIe siècle, de considérer le mal à l'œuvre dans le monde contemporain et l'incomplétude de sa propre existence à l'aune de la destinée de cet homme de sciences exceptionnel.

Avec ce roman qui fait entrer en résonance les tragédies du dernier conflit mondial et une modernité rongée par
les passions économiques, Jérôme Ferrari met en scène, telle une chute d’Icare toujours recommencée, la rencontre obstinément compromise entre l’âme de l’homme et la mystérieuse beauté du monde, que ne cessent de confisquer le dévoiement de la théorie en pratique et la corrosion des splendides innocences premières.(actes sud)

Ce livre est superbe avec une écriture à laquelle je ne résiste pas !

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16 mai 2015

Je vous écrit de Téhéran de Delphine Minoui

Sous la forme d’une lettre posthume à son grand-père, entremêlée de récits plus proches du reportage, Delphine Minoui raconte ses années iraniennes, de 1997 à 2009. Au fil de cette missive où passé et présent s’entrechoquent, la journaliste franco-iranienne porte un regard neuf et subtil sur son pays d’origine, à la fois rêvé et redouté, tiraillé entre ouverture et repli sur lui-même. Avec elle, on s’infiltre dans les soirées interdites de Téhéran, on pénètre dans l’intimité des mollahs et des miliciens bassidjis, on plonge dans le labyrinthe des services de sécurité, on suit les espoirs et les déceptions du peuple, aux côtés de sa grand-mère Mamani, son amie Niloufar ou la jeune étudiante Sepideh. La société iranienne dans laquelle se fond l’histoire personnelle de la reporter n’a jamais été décrite avec tant de beauté et d’émotion.

A ne pas manquer ! un livre tout en émotions et au coeur de l'histoire. Superbe.

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14 mai 2015

Daisy sisters de Henning Mankell

Été 1941, en Suède. Deux amies, Elna et Vivi, dix-sept ans, de condition modeste, s'’offrent une escapade à bicyclette à travers la Suède en longeant la frontière de la Norvège occupée par les nazis. L'’aventure, d’'abord idyllique, l'’été de toutes les joies, de tous les espoirs, est de courte durée : Elna, violée, revient chez elle enceinte d’'une petite fille qu’elle appellera Eivor.
1960. Eivor, dix-huit ans, en révolte contre sa mère, veut devenir une femme libre. Elle s’'enfuit du village avec un jeune délinquant. Que lui réserve l’'avenir ? Réalisera-t-elle son rêve d’indépendance et de liberté, et à quel prix ? En s’'attachant aux destins d’'une mère et de sa fille entre 1941 et 1981 en Suède, Mankell brosse le portrait de ces générations de femmes (épouses, mères, ouvrières) qui ont dû lutter avec leurs propres désirs et renoncements pour exister et se faire une place au cœoeur d’'une société où s'’élaborait le modèle suédois.

Un roman qui se lit facilement, quoique un peu long ( j'aime pas trop des pavés !), des femmes, leur histoire qui se répéte de générations en générations, j'ai passé un bon moment .

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