11 avril 2008
Fatigue

C'est étrange
Depuis que je ne travaille plus
Je suis de plus en plus fatiguée
De ne rien faire, aux aguets
Je me dissous dans le vide
Fini métro boulot dodo
Suis obligée de penser
et de panser mes plaies
consigne: depuis que je travaille plus, je suis de plus en plus fatigué
juste trop tard pour les paroles plurielles!
26 février 2008
Vie d'un secret

Il n’en a parlé à personne. Il n’a pas osé.
Un secret c’est un secret.
Un secret on doit l’oublier, le faire oublier.
Il n’a rien dit, juste semé quelques indices
Quelques paroles confuses qui interrogent encore
Quelques papiers dissimulés dans des dossiers anodins
Il avait du penser qu’un jour quelqu’un comprendrait
Quelqu’un rechercherait la vérité
Mais savait-il vraiment lui-même ?
C’est ma grande tante Lucie, prénom de Lumière
Qui a commencé à remuer la poussière du temps
Elle a cherché, ouvert des pistes, défriché, quémandé,
Elle a rassemblé les morceaux sans jamais trouver la solution
Peut être l’a-t-elle trouvée et n’en a parlé à personne ?
Un secret c’est un secret. Je ne sais pas.
Et moi je ne savais rien …..
Je voulais juste faire de la généalogie
C’est dans l’air du temps
J’ai trouvé ces incohérences du temps, des dates
Ces trous dans l’arbre, je me suis imprégnée
De leur histoire à mes ancêtres
Je suis retournée vers leurs fermes ardéchoises
J’ai fouillé les registres
Fouiné dans les vieux papiers, les vieilles photos
J’ai mené mon enquête
Et j’ai trouvé le secret, pas si grave que ça
On a échappé au viol et à l’inceste
Très prisés dans les secrets de famille
Pourtant maman m’a dit : n’en parle à personne !
Alors moi je ne sais plus….
Juste que je m’appelle Claire
Elle est pourtant très claire cette histoire de secret
Et elle illumine bien des parts d’ombre.
13 novembre 2007
L'heure du thé
Tante Babette prit une profonde inspiration, confortablement installée dans son voltaire, elle ouvrit avec une infinie délicatesse le petit paquet enrubanné de jaune. Elle posa son regard de velours sur l’unique madeleine, à peine trop dodue, dorée à point. Une tasse en porcelaine de chine dans la main, elle se laissa envelopper par l’odeur enivrante, elle croqua un petit bout de la madeleine qui l’entraîna, les yeux au fond des yeux, dans une valse langoureuse avec son Jeannot, elle grignota le ventre dodu à petits coups de dents incisifs, gamine, elle adorait croquiner ses gâteaux en jetant des regards de canaille à sa mère et soudain elle enfourna goulûment le dernier gros morceau, la bouche pleine , elle rêva qu’elle engloutissait tous les gâteaux de la pâtisserie du coin de la rue Marengo….à la vie, à la mort...
Mais la tante Babette, elle aimait trop la vie…..elle se redressa dans son fauteuil, levant à peine le petit doigt, elle bu une longue gorgée de thé au jasmin.
consigne: " tante Babette pris une profonde inspiration...."
06 octobre 2007
Des...illusions
Parce qu’il voulait croire
A un dernier sursaut
Parce qu’il espérait
Que ces escaliers
Mille fois dévalés
Grimpés, conquis
Gamine adolescente
Lui rendraient
un souffle de vie
Parce qu’il était certain
Que tout pouvait
Recommencer
Parce qu’il savait
La magie des lieux
Alors rempli
De ses propres illusions
Il lui donna
Solennellement
Les clés de la maison…..
Consigne: terminer le texte par: il lui donna solennellement les clés de la maison
La photo vous plaît, alors rendez vous sur le blog d'Alainx:
http://oeilavues.canalblog.com/
30 septembre 2007
expo photos
Je lui ai dit de se taire.
Je lui ai dit que je ne comprenais pas pourquoi cette photo le mettait dans un tel état de colère.
Je lui ai dit de se calmer, de laisser monter ses souvenirs.
Je lui ai dit que peu importaient ces bouteilles, sales ou propres
Je me suis tue.
Il a ri, il a pâli.
Il a tourné lentement la tête, il a baissé les yeux, il a soupiré,
Je l’ai vu se balancer tout doucement, tout déséquilibré
J’ai vu les larmes dans ses yeux, qui ne coulaient pas.
Je l'ai senti frissonner.
Il a haussé les épaules.
Il s’est avancé vers la photo suivante sans maux dire.
consigne : je lui ai dit de se taire
27 mai 2007
Le samedi c’est plus tranquille. Il y a moins de monde.
Moi je veux juste rester avec maman
Lui donner la main
Me serrer contre son cœur
Je veux pas aller à l’école
La maitresse elle dit
Que je suis pouilleuse
C’est pas vrai
Que je suis sale
C’est pas vrai
Les autres ils jouent pas avec moi
Ils disent que je suis pauvre
Moi je veux juste rester avec maman
Lui donner la main
Me serrer contre son cœur
Je veux pas aller
Dans une famille d’accueil
Même avec mon petit frère
Je veux pas d’une vraie maison
Je veux pas aller chez le docteur
J’ai pas mal au ventre
J’ai pas faim
Moi je veux juste rester avec maman
Lui donner la main
Me serrer contre son cœur .
Parce que maman, je l’aime
Parce que maman, elle m’aime.
consigne: texte pour participer à la lutte contre la pauvreté
incipit: le samedi c'est plus tranquille. Il y a moins de monde.
05 mai 2007
ma voiture n'a pas démarré ce matin
la photo est de Jean-Sébastien Monzani
Ma voiture n’a pas démarré ce matin,
Moi non plus d’ailleurs ! Je n’avais pas envie….
Pas envie de dire bonjour à ma voisine,
Pas envie de sourire, pas envie de courir,
Pas envie de subir, pas envie d’obéir,
Encore moins de me croire obligée de…
Formatée à un système invisible
Nuisible, terrible, risible, inflexible,
J’avais juste envie de ressembler
A ce quidam croisé sur une photo
D’un certain J.S. Monzani
Qui se permet, perdu au milieu
De ses dociles congénères
De n’en faire qu’à sa tête.
Peu importe les foudres, les jugements…
Oser et vivre.
La consigne: incipit: ma voiture n'a pas démarré ce matin
20 avril 2007
lettre à
Corbeils le 20 avril 2007
Lettre à ….
Et maintenant, ça suffit, il faudra bien que tu acceptes l’inacceptable,
Que tu te fasses une raison, il a perdu la raison…
Les notes d’un piano imaginaire s’égarent dans le labyrinthe de son cerveau embrumé,
Lui, organiste de la cathédrale Saint-Louis
Il en a accompagné des baptêmes, mariages, funérailles.
Tu as renoncé à vos promenades, les bancs du jardin
Ne vous attendent plus, le vide envahit l’espace de votre vie.
Tes yeux se noient de larmes quand,
Avec sa petite fille il improvise un rondo à quatre mains,
Ses doigts errent sur le clavier à la recherche d’une mélodie envolée, te laissant désemparée.
Il faudra bien que tu l’acceptes, il ne te reconnaît plus,
Parfois une étincelle au coin de l’œil, un sourire au bord des lèvres
Et tu oses espérer, un bref instant qu’il te dira « ma fille ».
Inlassablement, indéfiniment, il remue sa petite cuillère
Dans le thé parfumé d’un zeste de citron, il ne parle plus.
Oses croire qu’il rejoue dans sa tête des mélodies
Inoubliables qui l’accompagnent sur le chemin du non retour.
Il faudra bien que tu acceptes l’inacceptable…..
Ta tendresse, ta main dans sa main, ta présence silencieuse
Tu restes son unique fille
Tu es son rayon de soleil
Tu es son trésor
Tu es sa vie !
Consignes: incipit: "maintenant, ça suffit!" utiliser les mots: cathédrale, citron, corbeille dans le texte
06 avril 2007
angoisses
consigne: incipit: j'ai presque une heure d'avance.
J’ai presque une heure d’avance,
Agoraphobe je suis
Conseils de mon psy :
Arrivez avant les autres
Choisissez votre place
Faites le vide dans votre tête
Les autres n’existent pas
Ils sont transparents
Voila j’y suis tout va bien
Je respire tranquillement
Juste un peu raide….
Des fourmis dans les pieds
Je manque d’air
Faites le vide dans votre tête
Vos pieds n’existent pas
Voila j’y suis tout va bien…
J’ai la tête qui bourdonne
Les oreilles sifflent
Les mains moites
J’aurais jamais du l’écouter
Cet abruti !
19 mars 2007
silence d'enfant
consigne: incipit:"il faut que je vous dise...j'ai menti"
silence d'enfant
Il faut que je vous dise…j’ai menti, je n’étais encore qu’un gamin, la journée à l’école s’était plutôt mal passée avec la leçon de calcul et les tables de multiplication le matin, trop de fautes à la dictée de l’après midi, la maitresse n’était pas contente…alors j’ai décidé de rentrer par l’étang, les yeux rivés sur le chemin, j’ai ramassé des beaux cailloux bien plats, ronds, ovales, lisses, les meilleurs pour les ricochets, oui parce qu’en ricochets je suis excellent, même qu’une fois, mon caillou il a traversé tout l’étang, c’était comme un feu d’artifice tous ces ronds qui se propageaient à la surface de l’eau , l’étang il était plus pareil tout ridé de vaguelettes, j’étais tellement fier. Ce jour là, je caressais du bout des doigts mes cailloux, prêt pour un nouvel exploit, quand j’entendis derrière un bosquet des rires étouffés, des bruits de feuilles froissées, de frôlements, des soupirs….je m’accroupis et cherchais des yeux…je vis une jupe relevée, un homme à moitié nu, je n’ai pas tout de suite reconnu mon père, mais j’ai bien entendu la voix de la boulangère…je n’ai plus osé bouger et ce n’est qu’après, quand ils sont passés près de moi que je l’ai vu, lui. Quand je suis rentré à la maison, il était tard, papa était fâché, il m’a demandé où j’avais trainé, j’ai baissé la tête, j’ai dit : « chez le Jeannot, on a joué », il n’a pas vu mes yeux rougis par les larmes, maman elle a dit que c’était pas grave. Les années ont passé, hier on a enterré la boulangère, j’ai bien vu que mon vieux père il était très triste, pas moi.









