08 janvier 2011

lettre à

J'avais écrit ce texte en avril 2007

Aujourd'hui il est parti

tranquille vers d'autres cieux

Il laisse un grand vide derrière lui

bien sur, il savait si bien se faire aimer

J'entends les notes de musique

qui l'accompagnent vers son paradis

la musique d'une vie.

pp


Corbeils le 20 avril 2007

Lettre à ….

Et maintenant, ça suffit, il faudra bien que tu acceptes l’inacceptable,

Que tu te fasses une raison, il a perdu la raison…

Les notes d’un piano imaginaire s’égarent dans le labyrinthe de son cerveau embrumé,

Lui, organiste de la cathédrale Saint-Louis

Il en a accompagné des baptêmes, mariages, funérailles.

Tu as renoncé à vos promenades, les bancs du jardin

Ne vous attendent plus, le vide envahit l’espace de votre vie.

Tes yeux se noient de larmes quand,

Avec sa petite fille il improvise un rondo à quatre mains,

Ses doigts errent sur le clavier à la recherche d’une mélodie envolée, te laissant désemparée.

Il faudra bien que tu l’acceptes, il ne te reconnaît plus,

Parfois une étincelle au coin de l’œil, un sourire au bord des lèvres

Et tu oses espérer, un bref instant qu’il te dira « ma fille ».

Inlassablement, indéfiniment, il remue sa petite cuillère

Dans le thé parfumé d’un zeste de citron, il ne parle plus.

Oses croire qu’il rejoue dans sa tête des mélodies

Inoubliables qui l’accompagnent sur le chemin du non retour.

Il faudra bien que tu  acceptes l’inacceptable…..

Ta tendresse, ta main dans sa main, ta présence silencieuse

Tu restes son unique fille

Tu es son rayon de soleil

Tu es son trésor

Tu es sa vie !


Consignes: incipit: "maintenant, ça suffit!"   utiliser les mots: cathédrale, citron, corbeille dans le texte

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11 avril 2008

Fatigue

quai_m_tro



C'est étrange
Depuis que je ne travaille plus

Je suis de plus en plus fatiguée

De ne rien faire, aux aguets

Je me dissous dans le vide

Fini métro boulot dodo

Suis obligée de penser

et de panser mes plaies

consigne: depuis que je travaille plus, je suis de plus en plus fatigué

juste trop tard pour les paroles plurielles!

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26 février 2008

Vie d'un secret


homme



Il n’en a parlé à personne. Il n’a pas osé.

Un secret c’est un secret.

Un secret on doit l’oublier, le faire oublier.

Il n’a rien dit, juste semé quelques indices

Quelques paroles confuses qui interrogent encore

Quelques papiers dissimulés dans des dossiers anodins

Il avait du penser qu’un jour quelqu’un comprendrait

Quelqu’un rechercherait la vérité

Mais savait-il vraiment lui-même ?

C’est ma grande tante Lucie, prénom de Lumière

Qui a commencé à remuer la poussière du temps

Elle a cherché, ouvert des pistes, défriché, quémandé,

Elle a rassemblé les morceaux sans jamais trouver la solution

Peut être l’a-t-elle trouvée et n’en a parlé à personne ?

Un secret c’est un secret. Je ne sais pas.

Et moi je ne savais rien …..

Je voulais juste faire de la généalogie

C’est dans l’air du temps

J’ai trouvé ces incohérences du temps, des dates

Ces trous dans l’arbre,  je me suis imprégnée

De leur histoire à mes ancêtres

Je suis retournée vers leurs fermes ardéchoises

J’ai fouillé les registres

Fouiné dans les vieux papiers, les vieilles photos

J’ai mené mon enquête

Et j’ai trouvé le secret, pas si grave que ça

On a échappé au viol et à l’inceste

Très prisés dans les secrets de famille

Pourtant maman m’a dit : n’en parle à personne !

Alors moi je ne sais plus….

Juste que je m’appelle Claire

Elle est pourtant très claire cette histoire de secret

Et elle illumine bien des parts d’ombre.

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13 novembre 2007

L'heure du thé

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Tante Babette prit une profonde inspiration, confortablement installée dans son voltaire, elle ouvrit avec une infinie délicatesse le petit paquet enrubanné de jaune. Elle posa son regard de velours sur l’unique madeleine, à peine trop dodue, dorée à point. Une tasse en porcelaine de chine dans la main, elle se laissa envelopper par l’odeur enivrante, elle croqua un petit bout de la madeleine qui l’entraîna, les yeux au fond des yeux, dans une valse langoureuse avec son Jeannot, elle grignota le ventre dodu à petits coups de dents incisifs, gamine, elle adorait croquiner ses gâteaux en jetant des regards de canaille à sa mère et soudain elle enfourna goulûment le dernier gros morceau, la bouche pleine , elle rêva qu’elle engloutissait tous les gâteaux de la pâtisserie du coin de la rue Marengo….à la vie, à la mort...

Mais la tante Babette, elle aimait trop la vie…..elle se redressa dans son fauteuil, levant à peine le petit doigt, elle bu une longue gorgée de thé au jasmin.


consigne: " tante Babette pris une profonde inspiration...."

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06 octobre 2007

Des...illusions

Nat013Bis

Parce qu’il voulait croire
A un dernier sursaut
Parce qu’il espérait
Que ces escaliers
Mille fois dévalés
Grimpés, conquis
Gamine adolescente
Lui rendraient
un souffle de vie
Parce qu’il était certain
Que tout pouvait
Recommencer
Parce qu’il savait
La magie des lieux
Alors rempli
De ses propres illusions
Il lui donna
Solennellement
Les clés de la maison…..

Consigne: terminer le texte par: il lui donna solennellement les clés de la maison

La photo vous plaît, alors rendez vous sur le blog d'Alainx:

http://oeilavues.canalblog.com/

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30 septembre 2007

expo photos

bouteilles


Je lui ai dit de se taire.

Je lui ai dit que je ne comprenais pas pourquoi cette photo le mettait dans un tel état de colère.

Je lui ai dit de se calmer, de laisser monter ses souvenirs.

Je lui ai dit que peu importaient ces bouteilles, sales ou propres

Je me suis tue.

Il a ri, il a pâli.

Il a tourné lentement la tête, il a baissé les yeux, il a soupiré,

Je l’ai vu se balancer tout doucement, tout déséquilibré

J’ai vu les larmes dans ses yeux, qui ne coulaient pas.

Je l'ai senti frissonner.

Il a haussé les épaules.

Il s’est avancé vers la photo suivante sans maux dire.


consigne : je lui ai dit de se taire

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27 mai 2007

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Le samedi c’est plus tranquille. Il y a moins de monde.
Moi je veux juste rester avec maman
Lui donner la main
Me serrer contre son cœur


Je veux pas aller à l’école
La maitresse elle dit
Que je suis pouilleuse
C’est pas vrai
Que je suis sale

C’est pas vrai
Les autres ils jouent pas avec moi
Ils disent que je suis pauvre

Moi je veux juste rester avec maman
Lui donner la main
Me serrer contre son cœur

Je veux pas aller
Dans une famille d’accueil
Même avec mon petit frère
Je veux pas d’une vraie maison
Je veux pas aller chez le docteur
J’ai pas mal au ventre
J’ai pas faim

Moi je veux juste rester avec maman
Lui donner la main
Me serrer contre son cœur .

Parce que maman, je l’aime
Parce que maman, elle m’aime.

consigne: texte pour participer à la lutte contre la pauvreté
incipit: le samedi c'est plus tranquille. Il y a moins de monde.

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05 mai 2007

ma voiture n'a pas démarré ce matin

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la photo est de Jean-Sébastien Monzani

Ma voiture n’a pas démarré ce matin,

Moi non plus d’ailleurs !  Je n’avais pas envie….

Pas envie de dire bonjour à ma voisine,

Pas envie de sourire, pas envie de courir,

Pas envie de subir, pas envie d’obéir,

Encore moins de  me croire obligée de…

Formatée à un système invisible

Nuisible, terrible, risible, inflexible,

J’avais juste envie de ressembler

A ce quidam croisé sur une photo

D’un certain J.S. Monzani

Qui se permet, perdu au milieu

De ses dociles congénères

De n’en faire qu’à sa tête.

Peu importe les foudres, les jugements…

Oser et vivre.


La consigne: incipit: ma voiture n'a pas démarré ce matin

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06 avril 2007

angoisses

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consigne: incipit: j'ai presque une heure d'avance.


J’ai presque une heure d’avance,

Agoraphobe je suis

Conseils de mon psy :

Arrivez avant les autres

Choisissez votre place

Faites le vide dans votre tête

Les autres n’existent pas

Ils sont transparents

Voila j’y suis tout va bien

Je respire tranquillement

Juste un peu raide….

Des fourmis dans les pieds

Je manque d’air

Faites le vide dans votre tête

Vos pieds n’existent pas

Voila j’y suis tout va bien…

J’ai la tête qui bourdonne

Les oreilles sifflent

Les mains moites

J’aurais jamais du l’écouter

Cet abruti !

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19 mars 2007

silence d'enfant

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consigne: incipit:"il faut que je vous dise...j'ai menti"


silence d'enfant

Il faut que je vous dise…j’ai menti, je n’étais encore qu’un gamin, la journée à l’école s’était plutôt mal passée avec la leçon de calcul et les tables de multiplication le matin, trop de fautes à la dictée de l’après midi, la maitresse n’était pas contente…alors j’ai décidé de rentrer par l’étang, les yeux rivés sur le chemin, j’ai ramassé des beaux cailloux bien plats, ronds, ovales, lisses, les meilleurs pour les ricochets, oui parce qu’en ricochets je suis excellent, même qu’une fois, mon caillou il a traversé tout l’étang, c’était comme un feu d’artifice tous ces ronds qui se propageaient à la surface de l’eau , l’étang il était plus pareil tout ridé de vaguelettes, j’étais tellement fier. Ce jour là, je caressais du bout des doigts mes cailloux, prêt pour un nouvel exploit, quand j’entendis derrière un bosquet des rires étouffés, des bruits de feuilles froissées, de frôlements, des soupirs….je m’accroupis et cherchais des yeux…je vis une jupe relevée, un homme à moitié nu, je n’ai pas tout de suite reconnu mon père, mais j’ai bien entendu la voix de la boulangère…je n’ai plus osé bouger et ce n’est qu’après, quand ils sont passés près de moi que je l’ai vu, lui. Quand je suis rentré à la maison, il était tard,  papa était fâché, il m’a demandé où j’avais trainé, j’ai baissé la tête, j’ai dit : « chez le Jeannot, on a joué », il n’a pas vu mes yeux rougis par les larmes, maman elle a dit que c’était pas grave. Les années ont passé, hier on a enterré la boulangère, j’ai bien vu que mon vieux père il était très triste, pas moi.

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