17 octobre 2008

Les inséparables de Marie Nimier

Extrait

« J’aimais la voix traînante de Léa, ses cheveux roux, son incroyable vitalité. Nous nous comblions, est-ce qu’on peut dire cela ? Se combler, comme deux pièces de puzzle qui s’ajusteraient parfaitement, mais ne viendraient pas de la même boîte.

Que nous est-il arrivé ? Où sont passées les deux amies perchées sur le tabouret du photomaton, les petites filles amoureuses, les adolescentes en colère ? Il faudrait retrourner dans la cabine, glisser une pièce dans la fente pour obtenir l’image vivante, la preuve tangible de cette force qui nous habitait. Au lieu de ça, un rideau se lève, et c’est Léa qui apparaît. Léa et son nouveau métier, rue Saint-Denis. Léa et ses bras troués. Il n’est pas besoin d’aller très loin, parfois, pour être dans un autre monde. »

J'ai beaucoup aimé ce livre, une belle émotion que cette amitié ,de gamines, d'ados, puis d'adultes avec tous ses déchirements et tous ses liens indestructibles

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17 septembre 2008

Où on va papa de Jean Louis Fournier

Cher Mathieu, cher Thomas,
Quand vous étiez petits, j’ai eu quelquefois la tentation, à Noël, de vous offrir un livre, un Tintin par exemple. On aurait pu en parler ensemble après. Je connais bien Tintin,
je les ai lus tous plusieurs fois.
Je ne l’ai jamais fait. Ce n’était pas la peine, vous ne saviez pas lire. Vous ne saurez jamais lire. Jusqu’à la fin, vos cadeaux de Noël seront des cubes ou des petites voitures…

Jusqu’à ce jour, je n’ai jamais parlé de mes deux garçons. Pourquoi ? J’avais honte ? Peur qu’on me plaigne ? Tout cela un peu mélangé. Je crois, surtout, que c’était pour échapper à la question terrible : « Qu’est-ce qu’ils font ? »
Aujourd’hui que le temps presse, que la fin du monde est proche et que je suis de plus en plus biodégradable, j’ai décidé de leur écrire un livre.
Pour qu’on ne les oublie pas, qu’il ne reste pas d’eux seulement une photo sur une carte d’invalidité. Peut-être pour dire mes remords. Je n’ai pas été un très bon père. Souvent, je ne les supportais pas. Avec eux, il fallait une patience d’ange, et je ne suis pas un ange.
Quand on parle des enfants handicapés, on prend un air de circonstance, comme quand on parle d’une catastrophe. Pour une fois, je voudrais essayer de parler d’eux avec le sourire. Ils m’ont fait rire avec leurs bêtises, et pas toujours involontairement.
Grâce à eux, j’ai eu des avantages sur les parents d’enfants normaux. Je n’ai pas eu de soucis avec leurs études ni leur orientation professionnelle. Nous n’avons pas eu à hésiter entre filière scientifique et filière littéraire. Pas eu à nous inquiéter de savoir ce qu’ils feraient plus tard, on a su rapidement que ce serait : rien.
Et surtout, pendant de nombreuses années, j’ai bénéficié d’une vignette automobile gratuite. Grâce à eux, j’ai pu rouler dans des grosses voitures américaines.

Jean-Louis Fournier

Impossible de vous parler de ce livre,
Alors j'ai laissé la parole à son auteur
Juste que ce livre est une émotion incroyable
Juste que c'est trop la réalité
juste que cela me touche trop!
A lire absolument

Merci à Jean Louis  Fournier d'avoir écrit ce livre.

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14 septembre 2008

la mémoire des murs de Tatiana de Rosnay

L'appartement correspondait exactement à ce que Pascaline, informaticienne quadragénaire, imaginait pour sa nouvelle vie de femme divorcée, sans enfants. Un deux-pièces calme et clair qui donne sur une rue animée. Mais à peine installée, Pascaline apprend par une voisine qu'un drame s'est déroulé dans ces lieux. Comment vivre dans des murs marqués par l'horreur ? Comment continuer à dormir là comme si de rien était ? Et pourquoi Pascaline ne
cesse-t-elle d'y penser ? Lentement mais sûrement, par touches infimes, cette tragédie fera ressurgir chez Pascaline une ancienne douleur, une fragilité secrète restée trop longtemps enfouie. Seule face à la mémoire des murs, elle devra affronter son passé. (evene)

C'est superbement écrit, c'est dur, violent à la hauteur des événements vécus et de la douleur d'une mère qui pleure son enfant.

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31 août 2008

L'inaperçu de Sylvie Germain

Qui est le Père Noël ? Le temps d'un instantané, il a gagne
la confiance de trois frères et de leur drôle de petite sœur Marie.
Il a échangé un secret avec cette dernière qui a avoué vouloir
« être l'arbre Zoé quand elle serait grande ». Sabine, leur mère,
l'a même engagé pour la seconder dans l'affaire familiale qu'elle
fait tourner seule depuis la mort de son mari.
Qui est Pierre Zébreuse ? Un ange gardien ? un père adoptif ?
Seul Charlam, le terrible patriarche de la famille Bérynx, le rejette.
Un jour, Pierre disparaît, semblant ne laisser d'autres traces
que les brèches qu'il a ouvertes en chacun.
Malgré tout, un tableau où vibre le jaune, des textes
poético-loufoques prolongent le charme pour Hector et Marie.

Sylvie Germain déploie l'arborescence de ces destins individuels
qu'elle arrache à leur apparente banalité en approchant
les mystères qui les magnifient, là un billet de loterie, là un cheveu
de femme dans une boîte à reliques d'enfance, là un bouquet
qui déclare sa flamme à chaque saison...
L'auteur passe, furtive, d'une vie à l'autre, glanant L'Inaperçu
des tragédies intimes. Toutes ses prises construisent le nid
du présent et sont comme autant de réenchantements du monde.
Et si le père Noël revenait ?... (fluctuat.net)

J'aime l'écriture de Sylvie Germain,  la vie telle qu'elle la raconte
ses portraits de femmes, les déchirures, les égratignures, le destin
de chacune, un superbe livre.

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19 août 2008

les déferlantes de Claudie Gallay

Comme la mer pétrit les roches et lèche le sable, comme le vent
du grand large étourdit, la lecture des ‘Déferlantes’ entête.
Avec des mots posés sans fioriture, les ressentis de l’auteur
percutent à l’état brut. Dans un petit village au bout du Cotentin,
là où la Manche est dangereuse mais sublime, où les phares
s’élèvent dans l’obscurité abyssale, Claudie Gallay pose son décor.
Autour d’une héroïne à bout de force, amputée de son amour,
on réapprend à vivre. Chaque promenade dans les falaises austères
ronge l’âme et sublime le besoin incessant de fuir.
Chaque personnage tait sa part de secret, renforçant l’aridité de
ces confins de terre et le sentiment absolu de solitude.
Doucement, le ressac berce et le vent soûle les coeurs.
Les non-dits, les amitiés, les rancoeurs façonnent les personnages,
aussi durs et entiers que la mer. Comment survivre à la
disparition des siens ?  Comment supporter d’être celui qui reste ?
Comment avouer l’inavouable ?
‘Les Déferlantes’ fascinent par la force des émotions,
des hommes, des mots.Entre chaque tempête, sur le port,
les marins attendent, troublés et effrayés.
En s’échouant sur le sable, chaque vague meurt
dans une gerbe d’écume, mais assure une renaissance. (Evene)

Ce livre est superbe, superbe d'émotions, d'écriture, de personnages.
A lire absolument. Se laisser envoûter par l'histoire,
la folie des hommes et des femmes, se laisser porter
par la douceur des mots, la violence des non dits....
la mer...

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28 juillet 2008

les falsificateurs d'Antoine Bello

C'est l'histoire d'une organisation secrète internationale,
le CFR (Consortium de Falsification du Réel), qui falsifie la réalité
mais dont personne ne connaît les motivations.
C'est l'histoire de quelques-unes des plus grandes supercheries
de notre époque : de Laïka, la première chienne dans l'espace,
qui n'a jamais existé ; de Christophe Colomb qui n'a pas
découvert l'Amérique, des fausses archives de la Stasi.
C'est l'histoire d'un jeune homme, embauché par le CFR,
qui veut comprendre pourquoi et pour qui il travaille.
C'est l'histoire d'une bande d'amis qui veulent réussir leur vie,
sans trop savoir ce que cela veut dire.
C'est, d'une certaine façon, l'histoire de notre siècle.


C'est un livre d'été, comme un polard
(quoique j'aime pas les polards!!!),
ça se lit facile, c'est amusant, un bon moment.

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la bénédiction inattendue de Yoko Ogawa

Sept nouvelles autour de ce que la narratrice appelle
la “forêt des mots”, c’est-à-dire ce sas souvent étrange
qui accompagne l’écriture, la naissance des romans
ou le long voyage des histoires parfois
issues de l’enfance des écrivains.

Quelle est cette étrange forêt des mots à travers laquelle
l’écrivain ne cesse de se perdre avant de trouver son histoire?
C’est la question que se pose la narratrice de ce recueil de nouvelles.
Sous différentes voix, à différents âges, elle découvre la nécessité
d’écrire et se confronte à l’indicible alchimie de la création.
(pantoute)

Je découvre cette écrivaine japonaise et j'ai aimé, adoré
sans doute parce qu'elle écrit aux rives de l'inconscient,
de l'imaginaire, le doute plane sur la réalité....
et c'est tellement beau!

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12 juin 2008

La chaussure sur le toit de vincent Delecroix

Ce livre est composé de dix histoires qui ont pour fil conducteur une chaussure abandonnée sur un toit. L'entame est donnée par un vendeur de photocopieurs dont la fille aurait des visions. Une fille que l'on retrouvera pour l'épilogue, sorte de réflexion à la fois spirituelle comique et poétique. On sent que l'écrivain prend plaisir à brosser une galerie de portraits (un présentateur d'une émission littéraire, un artiste, un cambrioleur…). On s'y attache, en quelques pages seulement. Dans le dernier texte, c'est le propriétaire de la fameuse chaussure qui parle. Un texte qui symbolise la prose de Delecroix. Les dix récits ont également un thème qui les lie : celui de l'abandon et de la solitude. Le livre peut aussi s'apprécier comme un joli exer­cice littéraire. (le figaro).

Alors là j'ai adoré, quel plaisir ! des portraits de personnages attachant, plein d'humour, de tendresse,
et une construction littéraire qui m'a beaucoup plu avec le fil conducteur de la chaussure.

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08 juin 2008

Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary

de Philippe Doumenc

Et si Emma Bovary ne s’était pas suicidée ? Si, elle avait été assassinée? C’est ce que Philippe Doumenc met en scène dans ce tout dernier roman, en nous faisant participer à l’enquête menée par deux policiers envoyés par la préfecture de Rouen. Emma aurait, dans un dernier souffle, déclarée à l’un des deux médecins présents à son chevet avoir été assassinée. Les deux enquêteurs arrivent à Yonville, ce qui ne manque pas de perturber toute la population, et commencent leurs investigations. L’auteur nous fait suivre tous les interrogatoires, et comptes-rendus d’enquête. Plusieurs noms se profilent rapidement sur la liste des suspects, celui de Charles Bovary,bien sûr, le mari trompé, celui de Rodolphe Boulanger et de monsieur Léon, les ex-amants, celui de monsieur Homais, le pharmacien et ami des Bovary. Rapidement l’enquête piétine et l’un des deux policiers est rappelé à Rouen, Rémi reste donc seul, poursuit ses recherches et finit par découvrir ce que personne n’aurait pu imaginer. (l'armitière)


J'ai passé un  bon moment, le livre est petit, bien mené, bien écrit....

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02 juin 2008

Un léopard sur le garrot de J.C ruffin

Jean-Christophe Rufin nous a souvent habitué aux dépaysement tant temporels que géographiques et aux intrigues riches en rebondissement ; mais c’est dans un tout autre registre qu’on le retrouve ici au coeur d’une autobiographie originale et sincère.

De son enfance solitaire dominé par l’image d’un grand-père paternel médecin aux débuts de MSF en passant par ses années d’internat et de diplomate au Brésil, se profile l’histoire d’un homme en quête de sens pour qui la médecine et la littérature ont été des vecteurs pour rencontrer l’autre dans toute son originalité et sa différence.

Une chronique passionnante qui nous rapproche encore un peu plus d’un des auteur contemporain les plus humanistes de France.(panorama du livre)

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce livre,  parce qu'il parle de médecine sous l'aspect humaniste et qu'il m'a ramené des années en arrière vers l'hopital, parce qu'il parle d'humanitaire dans pays du tiers monde  et qu'il m'a ramené au Zaïre où j'ai travaillé quelques temps, parce qu'il raconte un parcours de vie où rien n'est acquis, où tout évolue....

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