12 février 2012

Eux, sur la photo de Héléne Gesten

 
Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer. Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu'elle avait trois ans. Ses indices : deux noms et une photographie retrouvée dans des papiers de famille, qui montre une jeune femme heureuse et insouciante, entourée de deux hommes qu'Hélène ne connaît pas. Une réponse arrive : Stéphane, un scientifique vivant en Angleterre, a reconnu son père. Commence alors une longue correspondance, parsemée d'indices, d'abord ténus, puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant leurs archives familiales, scrutant des photographies, cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu'on leur avait dit. Et leurs découvertes, inattendues, questionnent à leur tour le regard qu'ils portaient sur leur famille, leur enfance, leur propre vie. Avec Eux sur la photo, Hélène Gestern nous livre une magnifique réflexion sur le secret de famille et la mémoire particulière que fixe la photographie. Elle suggère que le dévoilement d'éléments inconnus, la résolution d'énigmes posées par le passé ne suffisent pas : ce qui compte, c'est la manière dont nous les comprenons et dont nous acceptons qu'ils modifient, ou pas, ce que nous sommes. (evene)
 
Secret de famille et photos...tous les ingrédients pour me faire adorer ce livre !
 
 
 
 

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15 janvier 2012

Dans les forêts sibériennes de Sylvain Tesson

Extrait:

Je préfère les natures humaines qui ressemblent à des lacs gelés à celles qui ressemblent aux marais. Les premiers sont durs et froids en surface mais profonds, tourmentés et vivants en dessous. Les seconds sont doux et spongieux d'apparence mais leur fond est inerte et imperméable.

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14 janvier 2012

Une bonne raison de se tuer de Philippe Besson

"C’est l’histoire de deux sinusoïdes qui finiront par se rencontrer. Une fois. À peine. À Los Angeles, dans la ville de tous les rêves, deux êtres ont vu les leurs s’effondrer à jamais. Samuel enterre son fils cet après-midi, quand Laura a décidé de se tuer ce soir. Avec le même recul, la même justesse, la même résignation face à une existence dans laquelle ils ne se sentent plus à leur place, l’un fait le deuil de la chair de sa chair, et l’autre celui de sa propre vie. Portée par un style implacable tant il est dépouillé de tout apitoiement et de tout pathos, l’intrigue a des airs de tragédie grecque, où chacun est en marche vers son destin sans que rien ne puisse l’arrêter. On est touchés en plein coeur."

J'ai aimé ce livre, en cas de déprime , s'abstenir, attendre un peu avant de la lire !
l'écriture est superbe, j'ai lu d'une traite, dans un souffle...

C'est le deuxième livre en une semaine avec pour thème le suicide ( Ariane Bois), la douleur de ceux qui restent, la détermination ou le coup de tête de ceux qui partent, voila de quoi réfléchir que les relations humaines....

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09 janvier 2012

Et le jour pour eux sera comme la nuit d'Ariane Bois

"Il n'y a plus rien après une chute de sept étages." Plus de vie pour Denis d'Aubigné, 20 ans, qui vient de se défenestrer. Pourquoi un jeune homme issu de la meilleure bourgeoisie protestante peut-il ainsi mettre fin à ses jours ? Pourquoi le fils de Pierre, médecin, et de Laura, cadre sup, en est-il arrivé là ? Ses parents, sa soeur aînée Diane et son petit frère, Alexandre, se retrouvent plongés dans un immense désarroi. Pourquoi, bon sang !, mais pourquoi ? Douleur de l'incompréhension et de l'absence mêlées... Un thème grave qu'Ariane Bois, journaliste dans la presse féminine, sait évoquer avec une justesse infinie dans ce premier roman très bref mais très dense, profondément émouvant, d'une sobriété admirable.

 C'est terriblement triste, mais très émouvant, et ça se lit vite , très vite, comme happé vers l'espoir que la vie reprendra pour ceux qui restent.

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04 décembre 2011

Pièce rapportée de Hélène Lenoir

Quand elle apprend que Claire, sa fille de vingt-quatre ans, vient d´être transportée sans connaissance à l´hôpital Beaujon après avoir été fauchée sur son vélo par un motard qui a pris la fuite, Elvire saute dans le premier train pour Paris et pressent très vite que cet accident va l'ébranler.
À mesure que se reconstitue le patchwork de sa vie, Elvire s'éloigne peu à peu de sa famille pour qui elle n’a finalement jamais été qu’une pièce rapportée.

De très bons moments de lecture, un livre très fort, j'ai vraiment aimé ...j'ai juste un petit doute sur le scénario...donc à lire et dites moi ce que vous en pensez!

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25 novembre 2011

La tristesse des anges de jon kalman Stefansson

La  rudesse du climat qui assiége l'Islande l'hiver venu, rend les déplacements difficiles, et  les relations entre les gens d'autant plus importantes. Récit très fort, touchant et écrit de façon très poétique .      

C'est tout simplement superbe

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20 novembre 2011

pas d'inquiétude de Brigitte Giraud

Lorsque son fils tombe gravement malade, un père est contraint de prendre un long congé pour s’occuper de lui. Face à cette nouvelle situation, toute la famille perd petit à petit ses relations sociales et ses repères. Dans un élan de générosité aussi radical qu’inattendu, les collègues du narrateur donnent chacun de leurs congés pour lui permettre de rester près de son fils.

Fascinante auscultation d'un puzzle familial en plein déséquilibre, Pas d'inquiétude - phrase "rassurante" d'un gentil médecin - relève du grand art : dire le pire avec les mots les plus doux.  

B.Giraud écrit toujours sublimement bien, elle a les mots pour dire les maux.

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11 novembre 2011

la accabadora de Michela Murgia

 Dans un petit village sarde des années cinquante, la vieille couturière, Tzia Bonaria, décide d'accueillir chez elle Maria, quatrième fille d'une veuve d'humbles origines. Ce sera sa " fille d'âme ", à laquelle elle va apprendre son métier, offrir un avenir, tout en l'obligeant à s'appliquer à l'école, ce qui n'est guère courant pour une fille à l'époque. Maria grandit donc entourée de soins et de tendresse; mais certains aspects de la vie de la couturière la troublent, en particulier ses mystérieuses absences nocturnes. En réalité, Maria est la seule du village à ignorer la fonction de Tzia Bonaria. La découverte de ce secret ne sera pas sans conséquence et il faudra bien des années pour que la fille d'âme arrive enfin à pardonner à sa mère adoptive. Dans une langue à la fois poétique et essentielle, Michela Murgia décrit merveilleusement les plis et replis les plus intimes du rapport très singulier qui unit la vieille Tzia Bonaria et la jeune Maria, dans une Sardaigne archaïque, aux us et coutumes fascinants.

Un livre superbe !

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31 octobre 2011

Du domaine des murmures de Carole Martinez

En 1187, le jour de son mariage, devant la noce scandalisée, la jeune Esclarmonde refuse de dire «oui» : elle veut faire respecter son vœu de s'offrir à Dieu, contre la décision de son père, le châtelain régnant sur le domaine des Murmures. La jeune femme est emmurée dans une cellule attenante à la chapelle du château, avec pour seule ouverture sur le monde une fenestrelle pourvue de barreaux. Mais elle ne se doute pas de ce qui est entré avec elle dans sa tombe... loin de gagner la solitude à laquelle elle aspirait, Esclarmonde se retrouve au carrefour des vivants et des morts. Depuis son réduit, elle soufflera sa volonté sur le fief de son père et ce souffle l'entraînera jusqu'en Terre sainte.

 

j'ai lu en une journée, emportée par le souffle du livre, j'ai beaucoup aimé!

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30 octobre 2011

Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan

« La douleur de Lucile, ma mère, a fait partie de notre enfance et plus tard de notre vie d’adulte, la douleur de Lucile sans doute nous constitue, ma sœur et moi, mais toute tentative d’explication est vouée à l’échec. L’écriture n’y peut rien, tout au plus me permet-elle de poser les questions et d’interroger la mémoire.
La famille de Lucile, la nôtre par conséquent, a suscité tout au long de son histoire de nombreux hypothèses et commentaires. Les gens que j’ai croisés au cours de mes recherches parlent de fascination ; je l’ai souvent entendu dire dans mon enfance. Ma famille incarne ce que la joie a de plus bruyant, de plus spectaculaire, l’écho inlassable des morts, et le retentissement du désastre. Aujourd’hui je sais aussi qu’elle illustre, comme tant d’autres familles, le pouvoir de destruction du verbe, et celui du silence.
Le livre, peut-être, ne serait rien d’autre que ça, le récit de cette quête, contiendrait en lui-même sa propre genèse, ses errances narratives, ses tentatives inachevées. Mais il serait cet élan, de moi vers elle, hésitant et inabouti. »

 

C'est superbe et violent, c'est sa vie, elle nous en parle si bien. J'ai vraiment aimé ce récit , la réalité ne fait pas toujours plaisir et comment s'accomoder et vivre le présent sans oublier le passé inscrit dans notre histoire.

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