« Aucun d’'eux ne m'’a dit où était maman. J'’accepte que jamais maman n’'aura de sépulture, et je comprends que jamais je ne serai en paix. Maman savait qu’'elle allait mourir. Mais elle ne savait pas qu’'elle serait jetée aux charognards. Je me dois d’'être sa tombe, aussi longtemps que ses os traîneront quelque part sur ces collines. Vivante, elle m’'a portée dans son ventre, elle m’'a nourrie de son sein, elle m’'a portée sur son dos, elle m’'a aimée. Morte, je la porterai, dans mon ventre, sur mon dos. Partout, tout le temps. »

Annick Kayitesi-Jozan est écrivain.
Elle n’a que 9 ans quand son père, médecin, et sa sœur décèdent dans un incendie. A l’âge de 14 ans elle voit sa mère se faire exécuter par des miliciens Hutus. Elle demeure seule, sa sœur et son frère ayant été emmenés pas ces mêmes miliciens. Elle devient l’esclave domestique de ces anciens voisins.
Plus tard elle retrouve sa sœur gravement blessée. Heureusement toutes les deux seront évacuées sous escorte militaire française au Burundi. 

J'ai toujours de difficulté à lire à propos du génocide rwandais, parce que l'émotion me prend trop vite mais là j'ai compris encore mieux ce que vit (et a vécu la femme) de mon neveu et ce que peuvent ressentir leurs enfants. bref un excellent livre , à lire absolument pour comprendre.