Depuis qu'elle avait quitté ce monde, tout s'était rétréci." Trois personnages se font écho dans ce récit : une absente, celui qui fut son mari - le narrateur -, et un double de celui-ci, véritable démiurge qui l'apostrophe et l'interroge. Au moment de passer la frontière de la vieillesse, le veuf anticipa la proximité du carrefour où sa propre existence et la trajectoire du monde bifurqueront à jamais. L'imminence de la fin le conduit à examiner, avec une lucidité dépourvue de tout sentimentalisme et toute nostalgie, les images d'un passé qui disparaîtra avec lui. A travers cette évocation pudique et émouvante de la disparition de l'épouse, Juan Goytisolo suggère que toute la beauté du monde se retrouve dans la seule puissance évocatrice de la langue : si la liberté existe, nous dit-il, ce ne peut être que dans les livres.

Né en 1931 à Barcelone, auteur d'une quinzaine de romans et de nombreux essais, Juan Goytisolo a obtenu en 1985 le prix Europalia pour l'ensemble de son oeuvre, en 2002, le prix Octavio Paz pour "la poésie qui habite ses romans", et en 2004 le prestigieux prix Juan Rulfo de littérature latino-américaine et caribéenne. Il vit à Marrakech.


C'est un livre beau. A la fois plein de l'émotion d'un homme qui vient de perdre la femme de sa vie, et aussi très philosophique ...sur la vie, la mort, la politique...Chaque chapitre est un tout qui pourrait se suffire à lui même.